Published by tepee17 - … - Autochtone, lac des Deux Montagnes, Mohawk, Outaouais, Pow wow, Québec
info du site d'Ismène Toussaint
TROIS PROFESSEURS PUBLIENT « LES BOIS-BRÛLÉS DE L'OUTAOUAIS - UNE ÉTUDE ETHNOCULTURELLE DES MÉTIS DE LA GATINEAU » (PRESSES DE L'UNIVERSITÉ LAVAL, QUÉBEC)
© PUL
Les Métis ont longtemps été cantonnés à l’Ouest du Canada dans l’imaginaire collectif.
La question demeure d’actualité selon le refus de certains de reconnaître la présence historique de Métis au Québec. Dans Bois-Brûlés, il est proposé que les Métis émergent plutôt au sein d’une diaspora formée de nombreuses communautés se trouvant sur l’entièreté du territoire couvert par les empires de la fourrure. Cette étude de la communauté métisse de la vallée de la Gatineau ouvre un nouveau pan de l’historiographie métisse et québécoise, en y intégrant la région de l’Outaouais.
Cet ouvrage documente l’histoire d’une collectivité métisse longtemps occultée, en rassemblant une quantité impressionnante de données archivistiques et orales inédites. En adoptant une approche comparative, les trois auteurs combinent leur expertise en anthropologie, en sciences juridiques et en histoire. Ils présentent ainsi l’expérience identitaire des Métis de la vallée de la Gatineau, depuis le tournant du 19e siècle jusqu’à nos jours. À travers deux siècles d’histoire, Bois-Brûlés nous enjoint à repenser l’autochtonie métisse au Québec.
Auteurs : Sébastien Malette, Michel Bouchard, Guillaume Marcotte -
Éditeur : Presses de l'Université Laval, Québec - 304 pages - 35$ -
NOTES
Sébastien Malette. Expert métis en droit autochtone canadien, il est professeur agrégé au Département de droit et d'études légales de l’Université Carleton (Ontario). Spécialiste des enjeux identitaires autochtones et des questions métisses au Canada, explorant en particulier la notion de «violence latérale», il a coécrit avec Michel Bouchard Songs Upon the Rivers. The Buried History of the French-Speaking Canadiens and Metis from the Great Lakes and the Mississippi across to the Pacific (Chants sur les rivières - L'histoire enterrée des Canadiens et des Métis de langue française des Grands Lacs et du Mississipi jusqu'au Pacifique ; Éditions Baraka Books, Montréal, 2016). Il est également l’auteur, avec Guillaume Marcotte, d'une étude importante, Marie-Louise: Protector of Louis Riel (Marie-Louise Riel, protectrice de Louis Riel), parue dans Media Tropes, no 7, volume 1, en 2017 (disponible sur Internet).
Michel Bouchard. Professeur titulaire au Département d’anthropologie de l’Université du Nord de la Colombie-Britannique (UNBC), il est spécialiste des questions de l’ethnogenèse et des enjeux nationaux et ethniques. Ses travaux portent non seulement sur l’Amérique du Nord et les communautés de langue française, présentes et historiques, mais aussi sur les origines de l’idée de nation au Moyen Âge, plus précisément en Russie. Il a été président de la Société canadienne d’anthropologie (CASCA) entre 2013 et 2016. Il est également l'auteur, avec Sébastien Malette, de Songs Upon the Rivers - The Buried History of the French-Speaking Canadiens and Métis from the Great Lakes and the Mississippi across to the Pacific (Chants sur les rivières - L'histoire enterrée des Canadiens et des Métis de langue française des Grands Lacs et du Mississipi jusqu'au Pacifique ; Éditions Baraka Books, Montréal, 2016).
Guillaume Marcotte. Titulaire d'une maîtrise en histoire, cet universitaire métis s’intéresse depuis une douzaine d’années aux archives des compagnies de traite des fourrures, ainsi qu’aux écrits missionnaires du 19e siècle. En 2017, il a publié Les francophones et la traite des fourrures du Grand Témiscamingue (Éditions GID, Québec), en plus de quelques articles sur les Métis de l’Outaouais parus dans Rabaska, revue d’ethnologie d’Amérique française ; et Recherches amérindiennes au Québec). Son mémoire de maîtrise, effectué dans le cadre de l'Université de Saint-Boniface (USB) et de l'Université du Manitoba (UDM), porte sur Les gens libres dans la traite des fourrures entre la Baie-James et Montréal au 19e siècle.
© Presses de l'Université Laval
Le Chef Pontiac, légendaire personnage, est né de père Odawa et de mère Ojibway en 1720, au bord du lac Nipissing. Il devient chef des Ottawas et chef suprême de la confédération des Algonquins des Grands Lacs grâce à ses qualités de stratège et de communicateur. Allié des Français et ami fidèle de Montcalm, Pontiac dirige les Ottawas au combat et se distingue à la bataille de Monongahéla en 1755. Il est assassiné en 1769 à Cahokia (East St-Louis). Aujourd’hui, une municipalité ainsi qu’une municipalité régionale de comté (MRC) de l’Outaouais portent fièrement son nom.
Pontiac ou de son nom original Obwandiyag, était un chef de la tribu des Amérindiens Outaouais de Détroit. Il réussit à mobiliser toutes les tribus de la régions des Grands Lacs contre les Britaniques après la victoire de ces derniers sur les Français. Les Outaouais avaient toujours été les alliés et les partenaires commerciaux des Français et ils ressentaient cruellement le départ de ces derniers. Les Britanniques, dorénavant seuls acheteurs de fourrures, traitaient ces anciens ennemis avec arrogance en leur imposant des règles commerciales désavantageuses.
Lors d'un conseil célèbre du 27 avril 1763, Pontiac appelle ses auditeurs à se lever contre les Anglais.
Il créa une coalition de tribus autochtones (les Outawouais, les Miamies, les Wyandots, les Chippewas, les Potawatomies, les Shawnees, les Renards, les Winnebagoes et d'autres tribus algonquines) pour arrêter l'expansion vers l'Ouest des Américains, malgré l'interdiction. À cette situation difficile, s'ajoutaient des inquiétudes sur le devenir de leur terres. Ils craignaient que bientôt des nuées de colons britanniques envahissent leurs territoires ancestraux.
Les Outaouais se soulevèrent finalement pour ramener les Français et rétablir un certain équilibre des forces dans cet immense territoire. Au début, la révolte fut fulgurante ; et les forces de Pontiac s'emparèrent et détruisirent tous les postes de la région des Grands Lacs sauf Niagara et Détroit
Les Britanniques mobilisèrent des forces militaires et utilisèrent tous les moyens pour éteindre cette révolte, en se servant parfois de moyens pas très propres, contribuant notamment à répandre la petite vérole chez ces peuples. Finalement, voyant que par le Traité de Paris de 1763 la France renonçait à revenir, les guerriers de Pontiac se dispersèrent et la révolte s'éteignit lentement.
Cette révolte força le roi George III à faire la proclamation royale de 1763, qui affirmait les droits illimités des Indiens sur les terres qu'ils occupaient et interdisait toute implantation nouvelle colonie au-delà des Appalaches. Par le fait même entraîna le mécontentement des marchands et des spéculateurs américains!
Pontiac fut assassiné en 1769 par un Amérindien. Un jeune guerrier Peoria appelé Pihi ou Chien Noir, qui l'accompagnait, n'était pas d'accord avec le message de paix donné par Pontiac. Alors qu'ils quittaient le poste de traite, Pihi assomma Pontiac. Le grand chef tomba et Pihi le poignarda.
Pontiac fut enterré avec les honneurs militaires dus à son rang sur les rives du Mississipi par la garnison française des Forts de Vincennes et de Chartres, commandés par le capitaine Louis Saint-Ange de Bellerive.
L'assassinat de Pontiac marque le début d'une légende. Bien que sa rébellion se soit avérée un échec, son exemple inspirera bon nombre de ses successeurs dans leur résistance à la domination des Européens.
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