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Les Indiens d'Amérique du Nord

Comment « Killers of the Flower Moon » de Martin Scorsese change la vie dans une petite communauté à la frontière du Kansas

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Cher Ami ,

Ce fut une semaine d'action incroyable ici dans ce qu'on appelle maintenant le Minnesota contre le pipeline de la canalisation 3. La grande nouvelle que nous avons pour vous est que nous avons formé un partenariat avec le Camp Migizi (ce qui signifie Eagle en Ojibwe), l'un des cinq camps originaux dirigés par des Autochtones ici le long de la ligne 3. Nous fournirons l'organisation, les médias sociaux, la production vidéo, soutien financier et gestion de la presse à leur égard. Et puis, hier soir, dans l'un de nos premiers efforts pour documenter l'action directe du camp, mon collègue co-directeur, Dan Nelson, a été arrêté !

Dans notre nouveau blog complet , nous discutons de la proposition de loi nationale pour sévir contre ceux d'entre nous qui exercent notre droit de manifester au premier amendement, et nous vous offrons la possibilité d'agir dès maintenant avec vos sénateurs américains. Dans la vidéo d'accompagnement (avertissement de déclenchement - brutalité policière de première ligne), des militants du camp Migizi sont violemment arrêtés alors qu'ils se présentent pour accueillir d'autres protecteurs de l'eau libérés de prison.

Loi LakotaLisez, regardez et agissez dès maintenant : Ne laissez pas le gouvernement fédéral reculer et sanctifier les États et les forces de l'ordre dans leurs actions violentes et antidémocratiques contre les protecteurs de l'eau !

Heureusement, Dan a été libéré, et nous n'avons pas manqué une miette pour soutenir le Camp Migizi — qui est dirigé par la guerrière bispirituelle (c.-à-d. LGBTQ2S) Taysha Martineau de la bande Fon Du Lac du lac Supérieur Chippewa. Cela semble être la bonne façon pour nous, en tant qu'alliés, d'être actifs en première ligne. Nous respectons et valorisons le leadership de Taysha et le dévouement du camp à prendre des mesures directes. La ligne 3 avance à un rythme effréné sur plusieurs rivières, et les organisateurs s'efforcent toujours d'amener toutes les personnes et les ressources dont nous avons besoin pour venir en première ligne. Pendant ce temps, des accusations forgées de toutes pièces et des mesures de libération sous caution draconiennes exacerbent la pression exercée sur mes collègues militants. Il est temps d'agir maintenant.

Tout cela se déroule dans le contexte de notre urgence climatique mondiale et de la répression des manifestations à l'échelle de l'État – y compris la mesure extrême du Dakota du Sud de sanctifier le meurtre des militants des pipelines. Nous ne pouvons pas laisser les mêmes tactiques être utilisées à l'échelle nationale. Veuillez lire notre blog et agir pour prévenir la violence contre les protecteurs de l'eau en disant à vos sénateurs de voter non HR 1374.

Wopila tanka — merci d'être avec nous, nos parents Anishinaabe et notre grand-mère Terre !
Chase Iron Eyes
Co-directeur et avocat principal
The Lakota People's Law Project

 

Attention les vidéos dans leurs news ne s'ouvrent pas ,je recherche les originaux merci de votre compréhension 

 Plus d'infos  migizi-camp-vs-line-3-the-last-battle-for-humanity/

 

Hier, Enbridge a tiré leur pipeline indésirable de la ligne 3 sous nos eaux sacrées. La terre, le riz sauvage, le poisson, le peuple -- tout dépend de ces eaux. Nos cœurs sont brisés par la violence endurée par l'eau et notre peuple, alors que tous les niveaux du gouvernement américain continuent d'ignorer leur propre Constitution et leurs obligations conventionnelles envers Red Lake. Plus de 600 600 personnes ont été arrêtées en essayant de #StopLine3 -- C ' est un coup, mais nous ne reculons pas.
Pour la terre, pour les traités, pour nos futures générations -- nous allons #StopLine3. Vous nous rejoignez ? linktr.ee/HelpStopLine3

 

 

 

 

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vidéo de l'effet Papillon 

Reportage 

C'était la dernière grande bataille des sioux, retour sur un combat qui a secoué l'Amérique.
Aux Etats Unis, dans le Dakota et l'indifférence quasi générale, les Sioux des plaines tentaient de bloquer la construction d'un pipeline sur leur réserve dans un combat bien inégal. Jusqu'à ce qu'Internet s'en mêle.

 

 

 

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© YGRECK

GÉNOCIDE AUTOCHTONE AU NORD DE LA FRONTIÈRE CANADO-AMÉRICAINE : LES MÉTIS AUSSI SONT DU NOMBRE DES VICTIMES

UN BILLET D'AKAKIA (LES DÉLIRES D'AKAKIA, 1ER JUILLET 2021) 

Ce que nous découvrons, dans toute son horreur (1) n’est pas arrivé spontanément. Cela fait partie d’un plan d’élimination totale de tous les Autochtones du Canada mis en place à la conclusion de la guerre de 1812 (2), et appliquons-nous à ne pas oublier que les Métis ont été les premiers à y goûter ! Évidemment, mon cœur accompagne toutes les familles amérindiennes qui pleurent aujourd’hui leurs morts par centaines et par milliers, mais il faut également se souvenir que les premiers à disparaître sous la houlette des envahisseurs coloniaux anglo-saxons sont les Métis.

D’abord les Métis de l’Est, éliminés totalement du décor par la fameuse loi de 1851, passée exclusivement pour les autochtones du Bas-Canada, laquelle enlevait à la mère le droit naturel de transmettre à toute sa descendance, son identité, sa reconnaissance et ses droits naturels. Cette loi génocidaire a eu pour conséquence immédiate de faire disparaître de l’univers canadien plus de 90% des Autochtones du Québec, non seulement des statuts législatifs officiels de la colonie appelée à devenir pays, mais également des livres d’histoire. Rarement aura-t-on vu, dans toute l’histoire de l’humanité, un plan d’extinction si totale et si près de la perfection. Et il y eut ensuite le coup donné à nos frères et à nos sœurs Métis de l’Ouest, lors de la guerre que le gouvernement leur a livrée jusqu’à la pendaison de Louis Riel, en 1885.

Le gouvernement fédéral, coupable au premier titre de cette macabre politique d’extermination, tente de se libérer aujourd’hui de cette tâche de sang indélébile en plaidant pour une réconciliation (3). Facile à plaider quand on est surpris en flagrant délit, avec l’arme du crime dans les mains. Mais pour que cette réconciliation soit possible et significative dans les faits, il faut que les gestes accompagnent les paroles et y inscrire tous les autochtones du pays quels qu’ils soient, et entendons bien Métis et Inuits comme Amérindiens.

Article paru le 1er juillet 2021 dans le blog de l'historienne métisse Russel-Aurore Bouchard, Les délires d'Akakia, Les délires d'Akakia: Génocide autochtone au nord de la frontière canado-américaine : les Métis aussi sont du nombre des victimes

NOTES

1. Entre le 27 mai et le 1er juillet 2021, les restes de 1505 enfants autochtones ont été exhumés à proximité d'anciens pensionnats autochtones ou écoles résidentielles dans plusieurs provinces : Colombie-Britannique, Alberta, Saskatchewan, Manitoba, Ontario. Les recherches se poursuivent dans tout le Canada.

Apparues dès le début du XIXe siècle, les écoles résidentielles ou pensionnats autochtones étaient des établissements destinés à scolariser, à évangéliser et à assimiler les enfants amérindiens. En fait, il s'y commit jusque dans les années 1980 un véritable génocide humain et culturel : séparés de leurs familles, confrontés à une langue et à des coutumes étrangères, soumis à une discipline brutale et à de rudes travaux physiques, beaucoup de jeunes Autochtones moururent de malnutrition, de maladies et de mauvais traitements. Notre époque a également recensé de nombreux cas d'abus physiques, sexuels et psychiques, ainsi que des stérilisations forcées, des tortures et des meurtres (découverte de plusieurs charniers d'enfants). Avant l'exhumation des restes des 215 enfants à Kamloops (Colombie-Britannique), le 27 mai 2021, on estimait à environ 4134 le nombre des victimes de ces écoles, et la plupart des survivants souffrent encore aujourd’hui de séquelles psychologiques.

2. La guerre de 1812 opposa deux ans durant les États-Unis et la Grande-Bretagne, entraînant le Canada, alors colonie britannique. De nombreux affrontements eurent lieu dans le Haut-Canada, le Bas-Canada, autour de la région des Grands Lacs, sur la côte Atlantique et aux États-Unis. Une trentaine de tribus de Premières Nations et plusieurs centaines de Métis se rallièrent aux Anglais afin de stopper l'expansionnisme américain. En 1813, sous le commandement du chef shawni Tecumseh (1768-1813), ils remportèrent les batailles d'Ogdenburg (État de New York ; 22 février) et du Fort-Michillimackinak (Michigan, États-Unis ; 17 juillet) ; puis, après sa mort au combat, le 5 octobre à Chatham-Kent (Ontario), celles de la Chateauguay (Québec, 26 octobre ; menée par le capitaine canadien Charles-Michel de Salaberry) et de Crysler Farm (Ontario, 11 novembre). Après la signature du Traité de Gand (1814), qui mit fin au conflit, la contribution des Autochtones à la victoire fut largement négligée, puis oubliée : passant sous la domination des colons britanniques de plus en plus nombreux, ces derniers perdirent non seulement leurs terres mais leur influence politique, sociale, leur autosuffisance et leur autodétermination. 

3.  Voir l'article de Russel-Aurore Bouchard dans notre site  : « Commission de vérité et réconciliation : sans les Métis du Québec, rien ne pourra être fait dans le bon sens », 21 juin 2015, ISMÈNE TOUSSAINT (ismenetoussaint.ca)

Entre 2007 et 2015, la Commission de vérité et réconciliation a parcouru le Canada pour recueillir les témoignages des Autochtones ayant subi des sévices dans les pensionnats religieux qui avaient été fondés dès le XIXe siècle, ainsi que pour faciliter la réconciliation entre ceux-ci et les non-Autochtones. Au mois de juin 2015, elle a rendu un rapport officiel concluant que les Premiers peuples avaient été victimes d'un « génocide culturel ». Désormais, seul un réengagement important de l'État pour leur permettre un accès à l'égalité des chances peut paver la voie vers une véritable réconciliation. De nombreux articles de presse sur cette question ont été réunis dans le présent site : voir la catégorie « Dossiers : Autochtones », en haut à gauche, sur notre page d'accueil.
(Notes d'I. Toussaint)

 

© Akakia, Les délires d'Akakia -

 

 

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Voici les affiches placardées dans le métro de Montréal jusqu'à fin Aout faute de financement 

Le Projet Iskweu est une initiative du Foyer pour femmes autochtones de Montréal, qui vise à accompagner les familles lorsqu'il y a disparition d'une femme ou fille Autochtone

 organisme/projet-iskweu

 

 

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Fort Smith youth create new board game to preserve Cree language and culture
 
 
CBC.CA
Fort Smith youth create new board game to preserve Cree language and culture
Des jeunes de Fort Smith créent un nouveau jeu de société pour préserver la langue et la culture cries

 cbc.ca/news/canada/north/trails-and-overflow-cree-game-fort-smith

 
 
 
 
 

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du site d'ISMENE TOUSSAINT

 
Tableau de Leonard Peltier

« JE M'AUTORISE À CROIRE QUE JE PEUX VIVRE ASSEZ LONGTEMPS POUR FRANCHIR LES PORTES DE CETTE CAGE DE BÉTON ET D'ACIER...»

PAR LEONARD PELTIER1 (26 JUIN 2021)

(TRADUIT DE L'ANGLAIS ET ANNOTÉ PAR ISMÈNE TOUSSAINT)

Salutations, mes proches,

Une année s’est écoulée depuis que j’ai eu la possibilité de vous écrire.

L’an passé a été tellement dur pour nous tous. Nous avons perdu deux de nos plus grands hommes. En décembre, mon frère Tom Poor Bear (Tom Pauvre Ours)2, du Covid, et à présent, nous avons perdu mon frère et mon enseignant, le Chef Leonard Crow Dog (Leonard Chien-Corbeau)3. Tous deux étaient à l’origine et au cœur du Mouvement des Indiens Américains (Indian American Movement)4, et ils étaient bien sûr en charge des traités.

C’étaient deux grands hommes, qui ont tant fait pour notre peuple, et le monde semble très différent aujourd'hui, sans eux.
Les souvenirs que j’ai d’eux sont clairs, forts, et je leur porte le plus haut respect.

Je sais que le Covid a été dévastateur et qu’il a causé de grandes souffrances en Pays indien : je prie pour que tout cela se termine.
J’envoie mes sincères condoléances et mon amour à tous nos gens, qui ont perdu des proches et des amis l’année dernière.

Et ma sœur Belva5 nous a quittés, elle aussi. C'était une puissante protectrice de l’eau et une vétéran de Wounded Knee. Elle n’a jamais arrêté de travailler pour les gens et pour moi... même si elle était très malade. Je lui suis reconnaissante de l’amour et du soutien qu’elle m’a apportés ces dernières années.
J’envoie mon amour et mes condoléances à toute sa famille et à tous ses amis, ainsi qu’à son peuple d'Oglala, en cette triste période.

Comme pour moi... l’an passé, la prison a été presque constamment confinée à cause du Covid et de la violence des gangs. Cela a été dur pour moi et pour ceux qui sont entreposés (sic) ici. C'était presque comme si nous avions été dans un trou pendant des mois... Presque.

J’ai plein espoir qu’on finisse par ramener le Covid sous contrôle. Et que les choses iront mieux pour notre peuple dans les jours et les mois à venir.

Je voudrais adresser des prières de réconfort à mon frère Edgar Bear Runner (Edgar Coureur d’Ours)6, qui se bat à son tour contre cette maladie.

Je suis si fier de mon jeune frère Kevin Killer7, qui, je le sais, sera un directeur tribal fort et honnête pour le peuple lakota oglala. Je lui envoie mes prières et mon soutien pour le dur travail qu’il a entrepris, et aussi ma gratitude pour le sacrifice qu’il fait pour notre peuple.

Je m’autorise à redevenir plein d’espoir et à croire que je peux vivre assez longtemps pour franchir les portes de de cette cage de béton et d’acier... Mes problèmes de santé continuent à s’accumuler mais j’essaie très fort de prendre soin de moi dans cet endroit, de façon à ce que je puisse vivre suffisamment longtemps pour sortir d’ici sur mes deux pieds.

Je suis profondément reconnaissant à tous ceux d’entre vous qui se sont rassemblés chaque année pour se souvenir de moi et de tout ce qui avait été perdu et gagné le 26 juin 19758.
Je dis « Merci » à tous mes chers amis, qui continuent à organiser cette journée annuelle. Aux coureurs, aux cavaliers, et bien-sûr aux aînés qui viennent encore.

J’espère qu’un jour, je pourrai être là avec vous, que je pourrai chanter, prier et manger avec vous tous.

Je demeure votre Frère et garderai mon espoir vivant pour vous tous.

Doksha (Salutations)

Leonard

Site du Comité international pour la défense de Leonard Peltier (International Leonard Peltier Defense Committee) : https://www.whoisleonardpeltier.info/

NOTES

1. Leonard Peltier (1944-). Leader, artiste-peintre et prisonnier politique autochtone. Né à Grand Forks (Dakota du Nord), ce membre des Nations sioux lakota, anishinabée et chippewa, d'ascendance métisse canadienne française, joua un rôle important dans les années 1970 au sein de l'American Indian Movement (AIM, Mouvement des Indiens américains), dans le réveil de la fierté autochtone et des revendications des siens. En 1975, il fut accusé du meurtre de deux policiers fédéraux qui avait eu lieu dans la réserve de Pine Ridge (Dakota du Sud), lors de la commémoration du massacre des Sioux de Wounded Knee (1890), puis condamné sans preuves en 1977 à deux peines d'emprisonnement à perpétuité. Malgré la pression internationale, il est toujours détenu au pénitencier de Coleman (Floride).

2. Tom Poor Bear (Tom Pauvre Ours ; 1954-2020). Leader de la Nation Sioux lakota-oglala aux États-Unis. Né à Chicago (Illinois), il grandit sur la réserve de Pine Ridge (Dakota du Sud) et intégra dès l'âge de 16 ans le Mouvement des Indiens Américains (American Indian Movement ; fondé en 1968). En novembre 1972, il s’enfuit du pensionnat pour en rejoindre les membres, qui occupèrent une semaine durant le Bureau des Affaires indiennes à Washington (District of Columbia, DC), pour tenter de régler la question des traités qui avaient été brisés au fil de l’Histoire. En 1999, suite au meurtre de son frère et de son cousin, il commença à lutter contre la vente d’alcool aux Autochtones de Pine Ridge et de Whiteclay (Nebraska), et parvint quelques années plus tard à faire fermer les magasins de bière de cette ville. Au cours de sa vice-présidence de la Nation lakota, il s’illustra notamment en organisant des marches destinées à rendre justice aux deux membres de sa famille assassinés, ainsi qu’aux Autochtones qui étaient battus en toute impunité par des Blancs. Il participa également à des manifestations contre le projet d’implantation du pipeline Keystone XL, qui lui valurent plusieurs arrestations et un emprisonnement à Washington. En 2004, lors d’un meeting du président des États-Unis à Denver (Colorado), il réussit à attirer son attention sur ce sujet : en 2015, Barrack Obama devait rejeter l'entreprise controversée, mais sa décision fut renversée par son successeur, Donald Trump. Tom Poor Bear mourut du coronavirus (Covid-19) le 13 décembre 2020 à l’hôpital de Greeley (Colorado) et fut enterré à Wounded Knee (Dakota du Sud), qui avait été le théâtre du massacre des Sioux en 1890.

3. Leonard Crow Dog (Leonard Chien-Corbeau ; 1942-2021). Chef spirituel sioux lakota sicangu (Brûlé), homme-médecine de la 6e génération des Crow Dogs, et conseiller tribal. Fils de l’homme-médecine Henry Crow Dog (1899-1985), il naquit sur la réserve de Rosebud (Dakota du Sud) et étudia la langue et les traditions de son peuple auprès de son père et des aînés oglalas. En 1970, devenu le leader spirituel du Mouvement des Indiens américains (American Indian Movement, AIM), qui, fondé deux ans plus tôt, avait sonné le réveil de la culture et des revendications autochtones, il joua un rôle majeur en son sein : participation à la grande marche sur Washington, D.C. (The Trail of The Broken Treaties, La Piste des traités brisés), destinée à attirer l’attention du président des États-Unis sur les problèmes de ses compatriotes (1972) ; organisation de manifestations contre les crimes haineux perpétrés à l’égard des Lakotas ; mise en forme de projets de loi, tels l’Acte d’auto-détermination et d’éducation des Indiens (1975) et l’Acte de liberté religieuse des Indiens américains (1978), pour ne citer que quelques-unes de ses actions. En 1973, il conduisit les négociations entre les autorités fédérales et les militants de l’AIM qui, après avoir pris des otages, occupèrent 71 jours durant le théâtre du massacre des Sioux (1890), Wounded Knee, sur la réserve de Pine Ridge (Dakota du Sud). Deux ans plus tard, il y fut arrêté après la fusillade qui avait opposé la police et les Autochtones venus commémorer le même génocide, faisant deux morts parmi les agents fédéraux, et écopa de deux années de prison pour cause de « solidarité » avec les siens. À partir des années 1980, il dirigea de nombreuses cérémonies dans les tribus de sa région et du Sud-Ouest, dont celle des Navajos, à Big Mountain (la Grande Montagne, Arizona), remettant notamment à l'honneur la danse du Soleil et celle des Esprits (Ghost Dance). 

4. L'American Indian Movement (AIM ; le Mouvement des Indiens Américains) fut fondé en 1968 à Minneapolis (Minnesota) par George Mitchell, Dennis Banks, Eddy B. Banai et Clyde Bellecourt, pour défendre les droits des Autochtones. Au nombre de leurs revendications figuraient la restauration des traités brisés, la restitution des terres, la souveraineté tribale, la conservation de leurs cultures, ainsi que des conditions d’accès décentes aux soins médicaux, au logement et à l’éducation. Le mouvement se signala par l’occupation de plusieurs endroits : l’île d’Alcatraz (Californie), de novembre 1969 à juin 1971 ; le Bureau des Affaires indiennes à Washington (District de Columbia, DC), en novembre 1972, pendant une semaine ; et en février 1973, par un siège de 71 jours accompagné d'une prise d’otages dans la réserve de Pine Ridge (Dakota du Sud), qui avait été le théâtre du massacre des Sioux de Wounded Knee en 1890. Le 26 juin 1975, lors d'une commémoration de ce génocide sur les mêmes lieux, une fusillade qui fit deux victimes parmi les agents fédéraux entraîna l'arrestation arbitraire du militant Leonard Peltier (31 ans), puis sa condamnation pour meurtres à la prison à perpétuité. Malgré sa scission en deux factions depuis 1993, le mouvement continue aujourd’hui à préserver les intérêts des Autochtones et à faire vivre leurs pratiques culturelles et spirituelles. 

5. Il s'agit de Belva Matilda Janis, née en 1958 à Miami (Oklahoma) et décédée en novembre 2020 à Joplin (Montana), soit à l'âge de 62 ans. Cette membre lakota oglala du Mouvement des Indiens Américains (American Indian Movement, AIM ; fondé en 1968), mère de deux enfants, n'avait que 17 ans lorsque elle fut plongée dans la tragédie connue sous le nom d' «Incident d'Oglala» : le 26 juin 1975, lors de la commémoration du massacre des Sioux de Wounded Knee (1890) sur la réserve de Pine Ridge (Dakota du Sud), le meurtre de deux agents fédéraux provoqua une fusillade entre les Autochtones et les autorités policières, qui dura toute la journée. Elle aboutit à la condamnation arbitraire à la prison à perpétuité de Leonard Peltier (1944-), militant de l'AIM, dont Belva M. Janis devait soutenir la cause sa vie durant.

6. Edgar Bear Runner (Edgar Coureur d'Ours, 1951-). Militant sioux lakota. Né à Porcupine (Dakota du Sud), il s'engagea dès l'adolescence dans le Mouvement des Indiens Américains (American Indian Movement, AIM ; fondé en 1968) et participa aux nombreuses actions du groupe. Le 26 juin 1975, lors de « l'Incident d'Oglala », où le meurtre de deux agents fédéraux déclencha une fusillade entre les autorités policières et les Autochtones sur la réserve de Pine Ridge (même Etat), il négocia avec ces derniers en vue d'une résolution pacifique du conflit. Toutefois, il fut répertorié - à tort - par le FBI comme l'un des premiers suspects de la tuerie. Défenseur de maintes causes, il fit partie de ceux qui refusèrent l'argent du gouvernement des États-Unis en échange de la cession des terres sacrées des Black Hills (Collines Noires, Montana). Il est également un ardent partisan de l'innocence de Leonard Peltier (1944-), militant sioux lakota qui fut condamné en 1977 à la prison à perpétuité pour le double meurtre susmentionné. 

7. Kevin Killer (1978-). Militant et homme politique sioux oglala. Né à Denver (Colorado),  il passa de fréquents étés sur la réserve de Pine Ridge (Dakota du Sud). Adhérent du Parti démocrate, il fut élu membre de la Chambre des représentants du Dakota du Sud de 2009 à 2017, puis membre du Sénat du même État de 2017 à 2019 (pour le 27e district). Également directeur de l'Alliance des Jeunes leaders autochtones américains (Native American Youth Leadership Alliance), il a été nommé en novembre 2020 président de la tribu des Sioux Oglalas. 

8. « L'Incident d'Oglala » ayant eu lieu le 26 juin 1975, on commémore chaque année ce drame à la même date et à l'endroit éponyme, sur la réserve de Pine Ridge (Dakota du Sud). Depuis 2001, on y célèbre également la Journée Leonard-Peltier. Cette année, le «Leonard Peltier Freedom Ride 2021» (Chevauchée 2021 pour la Liberté de Leonard Peltier) a attiré de nombreux cavaliers autochtones, qui se sont rendus jusqu'à Washington, DC, afin de réclamer la libération du militant et de faire prendre conscience au public des piètres conditions de vie des habitants de la réserve de Pine Ridge.

 

 

© Leonard Peltier

 

 

 

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