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Les Indiens d'Amérique du Nord

le but de l'internat
nous leur inculquons un dégoût prononcé pour la vie autochtone afin qu'ils soient humiliés lorsqu'on leur rappelle leur origine. Lorsqu'ils sortent de nos institutions, ces enfants ont tout perdu autochtone sauf leur sang

(Triste réalité quand on sait qu'il a été déjà retrouvé plus de 7000 corps d'enfants à l'endroit de ces pensionnats) 

 

 

 

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concours de sculpture de neige snowpark

3ème place pour cette œuvre ( à confirmer )

d'autres photos de la réalisation ►friedliarts/photos

 préparation des blocs -vidéo de 2019

 

 

 

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►  Clyde Bellecourt

Clyde Bellecourt (© cbs58.com)

CLYDE BELLECOURT, COFONDATEUR DU MOUVEMENT
DES INDIENS AMÉRICAINS, EST MORT À l’ÂGE DE 85 ANS
PAR ERIN HASSANZADEH (SITE WEB DE CBS MINNESOTA - WCCO,

MINNEAPOLIS, 11 JANVIER 2022)

(TRADUIT DE L’ANGLAIS ET ANNOTÉ PAR ISMÈNE TOUSSAINT)
Dans tout le pays, on se souvient du militant autochtone
américain Clyde Bellecourt (1), qui vient de mourir à l’âge de
85 ans.
En 1968, il avait cofondé le Mouvement des Indiens Américains
(American Indian Movement, AIM) (2) pour aider les siens à
défendre la souveraineté tribale et d’autres droits civils. La

passion et l’oeuvre de sa vie s’étaient étendus bien au-delà de
son État d’origine, le Minnesota.
Un feu cérémoniel brûle, tandis que de nombreux Autochtones
sont aux prises avec la perte d’une légende. Pour la militante
Lisa Bellanger (3), Clyde Bellecourt était « un oncle » (4). Un
homme connu sur le plan international, mais qui était pour
beaucoup comme un membre de la famille.
« Partout dans le monde, j’entends des gens l’appeler oncle
explique-t-elle. Sans lui, je ne serai réellement pas qui je suis... »
Lisa Bellanger est aujourd’hui directrice exécutive du
Mouvement des Indiens américains.
« Vous savez, le mouvement a créé un éveil au niveau national
dans notre peuple », précise-t-elle.
Clyde Bellecourt passa ses débuts à patrouiller les quartiers en
s’efforçant de stopper les brutalités policières. Finalement, il
codirigea le Conseil de la police en relations communautaires
(Police Community Relations Council). De l’instruction au
conseil juridique, en passant par la formation professionnelle et
les soins médicaux, Clyde Bellecourt a voyagé à la fois à
proximité et au loin pour pousser au changement et à l’équité.
« Cela n’a jamais été juste un job pour lui, c’était un mode de
vie », ajoute la directrice exécutive.
Il a fourni un dernier effort pour extirper les mascottes racistes
des équipes sportives — quelque chose que la lieutenante-
gouverneure du Minnesota, Peggy Flanagan, a souligné lors de
la déclaration qu’elle a effectuée à son sujet à CBS Minnesota-
WCCO.
« Le Pays indien a bénéficié du militantisme de Clyde

Bellecourt, a-t-elle reconnu, il a ouvert la voie pour tant d’entre
nous. »
« Vous savez, concernant ses petits-enfants, il faudra s’assurer
qu’à la fin, leurs descendants obtiennent l’équité... », reprend
Mme Bellanger.
Clyde Bellecourt lui avait demandé de porter son message :
« Reste à la table. Tu dois continuer à travailler. Tu ne peux pas
abandonner. Nous ne pouvons pas être seulement une voix
silencieuse. Nous devons être là pour nous exprimer. »
Il avait aussi rencontré des leaders dans le monde et parlé dans
le cadre des Nations Unies.
Lisa Bellanger conclut en disant qu’il s’est éteint chez lui, dans
sa famille, après une longue bataille contre le cancer.
Article paru le 11 janvier 2022 sous le titre « Clyde Bellecourt dies » dans
le site web de CBC Minnesota-WCCO, minnesota.cbslocal.com,
https://minnesota.cbslocal.com/2022/01/12/clyde-bellecourt-dies

Clyde Bellecourt | Project Humanities

Clyde Bellecourt

(© Humanities Project - Arizona State University)

NOTES
1. Clyde Bellecourt (Neegonwayweedun, « le Tonnerre avant la
tempête ; 1936-2022). Leader, défenseur des droits civils,
éducateur et enseignant autochtone américain. Né sur la réserve
ojibwée de White Earth (Terre Blanche, nord-ouest du
Minnesota), il grandit dans la pauvreté et, suite à de menus
larcins, fut placé à l’âge de 11 ans dans une maison de
correction, la Red Wing State Training School (l’École
professionnelle d’État de Red Wing). Cinq ans plus tard, il
rejoignit ses parents, qui avaient été déplacés à Minneapolis
dans le cadre de l’Acte de délocalisation des Indiens (Indian
Relocation Act, 1956), lequel promettait faussement à ces
derniers des emplois, de meilleures conditions de logement, et
un bon accueil de la part de la population blanche urbaine. À 25

ans, grâce aux militants George Mitchell, Dennis Banks, Eddie
Benton-Benai et Russel Means, il découvrit la spiritualité,
l’histoire et la langues ojibwées, et en 1968, fonda avec eux le
Mouvement des Indiens américains (American Indian
Movement, AIM) : celui-ci avait pour objectif de réveiller la
conscience et l’identité des Autochtones, ainsi que de
sensibiliser la population et le gouvernement américains aux
piètres conditions de vie de ces peuples. Le jeune homme s’y
révéla particulièrement actif en co-créant des écoles et des
organismes destinés à aider les siens dans une variété de
domaines : éducation, logement, santé, recherche d’emploi,
droits juridiques, lutte contre les addictions et l’errance,
prévention de la violence, etc. En 1972, il co-organisa la marche
sur Washington (District of Columbia, D.C.), intitulée « la Piste
des Traités brisés » (The Trail of Broken Treaties), afin d’attirer
l’attention du gouvernement sur le non-respect des traités. Un an
plus tard, il participa aux 71 jours d’Occupation de Wounded
Knee sur la réserve de Pine Ridge (Dakota du Sud), ancien
théâtre du massacre des Sioux de 1890, qui, prise d’otages à
l’appui, avait pour but de dénoncer la corruption des dirigeants
politiques tribaux. Après avoir miraculeusement survécu à une
blessure par balle sur la réserve de Rosebud (même État), il se
rendit en 1977 aux Nations Unies pour exposer les mauvais
traitements subis par les Autochones. Tout en se dévouant à leur
bien-être, il ne cessa, le reste de sa vie, de mener ou de se
joindre à des manifestations contre la violence et le racisme.
Époux de Peggy Sue Holmes, il était père de quatre enfants et
grand-père de nombreux petits-enfants.
2. Le Mouvement des Indiens Américains (American Indian
Movement, AIM) fut fondé en 1968 à Minneapolis (Minnesota)
par George Mitchell, Dennis Banks, Eddy B. Banai et Clyde
Bellecourt, pour défendre les droits des Autochtones. Au
nombre de leurs revendications figuraient la restauration des
traités brisés, la restitution des terres, la souveraineté tribale, la
conservation de leurs cultures, ainsi que des conditions d’accès

décentes aux soins médicaux, au logement et à l’éducation. Le
mouvement se signala par l’occupation de plusieurs endroits :
l’île d’Alcatraz (Californie), de novembre 1969 à juin 1971 ; le
Bureau des Affaires indiennes à Washington (District de
Columbia, DC), en novembre 1972, pendant une semaine ; et en
février 1973, par un siège de 71 jours accompagné d'une prise
d’otages dans la réserve de Pine Ridge (Dakota du Sud), théâtre
du massacre des Sioux de Wounded Knee (1890). Le 25 juin
1975, lors d'une commémoration de ce génocide sur les mêmes
lieux, une fusillade qui fit deux victimes parmi les agents
fédéraux entraîna l'arrestation arbitraire du militant Leonard
Peltier (31 ans), puis sa condamnation pour meurtres à la prison
à perpétuité. Malgré sa scission en deux factions depuis 1993, le
mouvement continue aujourd’hui à préserver les intérêts des
Autochtones et à faire vivre leurs pratiques culturelles et
spirituelles.
Lisa Bellanger (Young Links Woman ou « Femme aux jeunes
liens » ; 1961-). Enseignante, défenseure des droits civils et
leader autochtone américaine. D’origine asnishinabée et
ojibwée, elle naquit sur la réserve de White Earth (Terre
Blanche), dans le nord-ouest du Minnesota. Sa mère était
Patricia Bellanger (1943-2015), cofondatrice en 1968 du
Mouvement des Indiens Américains (American Indian
Movement, AIM), qui l’initia très tôt à sa culture : chasse,
cueillette, danses, cérémonies, etc. Adolescente, elle mit sur
pied un club indien dans le collège pour Blancs qu’elle
fréquentait à Minneapolis, St. Paul Open School, et y organisa
un cours sur l’histoire indienne américaine pour tenter de pallier
le racisme dont elle avait souffert dans son enfance. Elle
effectua également des études à l’école alternative Heart of the
Earth (Coeur de la Terre), qui avait été créée en 1972 par Clyde
Bellecourt (1936-2022), un des fondateurs de l’AIM. Une fois
adulte, elle participa à de nombreuses manifestations de défense
des Autochtones contre la violence, le racisme, etc., et devint

aussi une protectrice de l’eau. Elle est aujourd’hui directrice
exécutive de l’AIM, plaçant « la guérison et la spiritualité au
centre de ses actions », selon le vœu de son mentor Clyde
Bellecourt.
4. Appellation à la fois affectueuse et respectueuse qu’on donne
à un aîné autochtone, même s’il ne fait pas directement partie de
la famille.

 

 

 

 

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"The Sky Grizzly. Badger Two Medicine area, Blackfeet Reservation, 400 Blackfeet âgés de 3 à 80 ans se rassemblent sous la forme d'un grizzli pour déclarer le caractère sacré de leur terre et envoyer un message au gouvernement qu'ils ne veulent pas que cette terre être blessé de quelque manière que ce soit." 

 

 

 

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représentation d'un village des Premières Nations

 

 

 

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Une revue en vente actuellement Les grandes civilisations de l'histoire 

 

►  Les guerres Indiennes

 

 

 

 

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A video storybook Narration par Harlan McKosato Illustré par Jesse T. Hummingbird Écrit et produit par Gary Robinson

 

 

 

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je vous partage la newsletter reçu fin Décembre ,la vidéo ne fonctionne pas ,problème avec les liens qui viennent de la bas , je vais essayer de la retrouver sur le net 

Cher Lecaer,

Joyeuses fêtes! Comme beaucoup d'entre nous profitent de ce temps pour se réunir avec leur famille et leurs amis, je vous remercie de rester avec nous alors que nous entrons dans une nouvelle année de justice gagnante. La semaine dernière, nous avons fait un pas en avant important lorsque la secrétaire américaine à l'Intérieur Deb Haaland s'est rendue dans le pays Lakota pour une réunion avec des chefs tribaux, dont notre nouvelle présidente de Standing Rock, Janet Alkire. Regardez la vidéo que nous avons faite sur la visite ici!

La secrétaire américaine à l'Intérieur Deb Haaland (à gauche) a rencontré la présidente de Standing Rock Sioux Tribe Janet Alkire (à droite) et d'autres dirigeants Lakota à Rapid City la semaine dernière.

 

 

C'est un signe merveilleux, au milieu de tout ce qui est déjà dans son assiette, que la secrétaire Haaland – la première secrétaire du Cabinet autochtone de l'histoire des États-Unis – ait pris le temps de venir dans nos pays d'origine et d'entendre nos préoccupations et nos commentaires.

C'est emblématique de qui elle est. À deux reprises, Lakota Law a rencontré directement la secrétaire Haaland et nous sommes enthousiasmés par les valeurs qu'elle apporte à la supervision de la politique fédérale affectant le pays indien. C'est pourquoi vous nous avez aidés à plaider - comme détaillé par le New York Times - pour sa nomination au poste de secrétaire à l'Intérieur.
 
Cela me fait sourire en tant qu'aîné autochtone de savoir que notre présidente et notre secrétaire Haaland se sont rencontrées et ont entamé un processus d'écoute mutuelle. En tant que première femme à siéger à notre présidence depuis plus de 60 ans, Janet nous représentera bien. Non seulement a-t-elle travaillé avec Lakota Law lors de notre campagne électorale réussie l'année dernière, mais elle se soucie également profondément de notre environnement, de la guérison communautaire et de la souveraineté tribale.
 
Nous sommes dans un moment important. Les femmes autochtones expérimentées occupent des postes de direction lorsque nous avons le plus besoin de leurs conseils, et nous avons une opportunité sans précédent pour la nation Standing Rock de réaffirmer sa stature en tant que leader mondial de la justice environnementale. Je vous remercie de soutenir Lakota Law alors que nous continuons à aider de toutes les manières possibles.

Wopila tanka — ma gratitude pour vos soins et votre attention !
Phyllis Young
Standing Rock Organisatrice
du projet de loi populaire Lakota

 

Projet de loi populaire Lakota
547 South 7th Street # 149
Bismarck, ND 58504-5859

 

 

 

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Crazy Horse

Le colonel Custer et Crazy Horse à la bataille de Little Big Horn (Montana)

CE QU’IL FAUT SAVOIR SUR CRAZY HORSE

LE JOUR ANNIVERSAIRE DE SON ASSASSINAT 

 

PAR RUTH HOPKINS1 (SITE WEB TEEN VOGUE, 5 SEPTEMBRE 2019)

 

(TRADUIT DE L’ANGLAIS ET ANNOTÉ PAR ISMÈNE TOUSSAINT)

 

Le 5 septembre est l’anniversaire de l’un des plus grands guerriers que le monde ait jamais connus : Tasunke Witko (Ses-chevaux-ont-le-feu-sacré) mieux connu sous le nom de « Crazy Horse » (Cheval sauvage ; 1840-1877)2

En ce jour de 1877, à Fort Robinson (Nebraska), il fut frappé dans le dos à coups de baionnette, alors qu’on venait de le maîtriser et de le mettre en état d’arrestation. Il était venu dans un esprit de paix, mais fut néanmoins tué.

Crazy Horse était un chef de guerre renommé, qui joua un rôle éminent dans presque toutes les incursions militaires majeures dans lesquelles les Lakotas furent engagés de son vivant, chacune d’elles étant plus historique que la précédente. Sous son commandement, ils défirent à maintes reprises l’armée des États-Unis sur le sol américain.

Il fut le défenseur du peuple lakota, de ses alliés, et protégea la terre lorsque celle-ci fut envahie par des colons, des chercheurs d’or et la cavalerie des États-Unis. C’est lui qui mena les Lakotas aux victoires retentissantes du combat de Fetterman [21 décembre 1866] et des batailles de Rosebud Creek [Crique de Rosebud, 17 juin 1876] et de Greasy Grass (Herbe grasse) ou Little Big Horn [Petite rivière du Mouflon, 25 et 26 juin 1876]3.

Alors qu’il n’avait jamais signé un seul traité, ses qualités de leader, son talent et les brillantes stratégies dont il fit preuve durant la guerre de Nuage Rouge4 [Red Cloud War, 1866-1868], pavèrent la voie du traité de Fort Laramie de 1868. Ce dernier établit fermement le territoire lakota et scella les revendications du peuple éponyme sur les Black Hills (Collines noires, Dakota du Sud) qui ont toujours cours aujourd’hui5.

Il était adoré et révéré par son peuple, respecté par ses ennemis, mais quelques autres chefs étaient jaloux de lui. Ceux-ci attisèrent les craintes que le gouvernement des États-Unis et ses agents éprouvaient à son égard. L’influence de Crazy Horse leur faisait peur et ils étaient persuadés que si quelqu’un était capable de mener une insurrection, c’était lui. C’est la raison pour laquelle on disait que l’Armée planifiait son emprisonnement et qu’il fut, presque au sens propre du terme, poignardé dans le dos. 

Crazy Horse était oglala et lakota miniconjou, deux subdivisions des Oceti Sakowin (la Grande Nation Sioux). Selon les Lakotas, il était né près de Bear Butte (la Butte-à-l’Ours), un site sacré situé dans les Collines Noires du Dakota du Sud.

C’était un non-conformiste, que les aînés décrivaient dans l’histoire orale destinée aux membres de leurs tribus, comme un homme tranquille et même reclus. Alors qu’il était animé d’une haute spiritualité et qu’il participait aux cérémonies, ceux-ci racontaient qu’il ne se considérait pas lié au protocole. À la place, il préférait suivre ses propres rêves et ses visions.

D’ailleurs, on a dit que c’était une vision qui lui avait donné son but dans la vie. Au cours d’une Hanbleceya (ou « quête d’une vision »), un rite cérémoniel lakota où la personne s’isole sur une colline sans nourriture ni eau durant des jours, Crazy Horse avait vu un homme à cheval sous un orage. La légende relate que ce cavalier portait des cheveux lâches, retenus par une unique plume, qu’un éclair était peint sur son visage, et des grêlons en pointillés sur son corps. Des gens tendaient les bras pour se saisir de lui mais ils ne réussirent pas à le retenir. Crazy Horse réalisa qu’il allait devenir cet homme sauvage et combattre pour son peuple. On lui recommanda de jeter de la poussière par-dessus son cheval et de placer une pierre derrière son oreille avant la bataille ; et on lui assura que tant qu’il ne prendrait rien pour lui-même, aucune balle ni flèche ne pourrait le tuer.

Crazy Horse fut récompensé pour sa bravoure. L’honneur le plus élevé qu’on lui conféra fut celui de « porteur de chemise ». Devenir un porteur de chemise est l’une des distinctions formelles les plus importantes dans la culture lakota des Autochtones américains. En l’acceptant, les hommes devenaient un exemple pour les autres. Ils devaient servir leur peuple et vivre selon les valeurs lakotas. Pareil privilège plaçait Crazy Horse dans une catégorie à part : celle de guerrier en chef, portant le pouvoir.

C’était un héros mais il était avant tout humain. Il tomba amoureux de Black Buffalo Woman (Femme Bison Noir), qui quitta son mari pour lui, ce que les femmes lakotas avaient le droit de faire. Cependant, l’époux de cette dernière se montra récalcitrant et la poursuivit de ses assiduités. Il tira sur Crazy Horse en plein visage. Ce dernier survécut mais le scandale lui coûta son statut de porteur de chemise.

Toutefois, cet incident ne l’empêcha pas de remplir la mission de sa vision.

Les historiens et biographes lakotas sont convaincus que Crazy Horse ne posait pas pour les photographes si l’on se réfère à sa biographie, publiée dans le site Web National Park Services (NPS ; Service des Parcs nationaux) ni qu’il faisait plaisir aux reporters venus de l’Ouest en répondant à leurs interviews. Pour cette raison, il est incroyable que son héritage demeure encore aussi fort. C’est le peuple auquel il avait dévoué sa vie qui a conservé sa mémoire vivante. Une grande partie de ce ce que l’on sait de lui vient maintenant de l’histoire orale des Lakotas eux-mêmes.

L’esprit de Crazy Horse continue de vivre. En 2016, lorsque les Lakotas et leurs alliés s’opposèrent à la construction du Dakota Access Pipeline (l’oléoduc d’accès au Dakota) à Standing Rock (Le Rocher Debout, Dakota du Nord)6, le camp sur la colline qui portait le nom de la société de guerriers qu’il avait établie à son époque, Last Child (Le dernier enfant), fut parmi les derniers à être démantelé [par les protestataires eux-mêmes].

L’esprit de Crazy Horse est un esprit de résistance. C’est la vaillance, face aux épreuves insurmontables, et le courage de ne jamais succomber à la tyrannie. Son esprit est en Amazonie, avec les tribus indigènes qui se battent désespérément pour sauver les poumons de la planète des feux qu’on dit être allumés par les alliés d’un président d’extrême-droite [Jair Bolsonaro, au Brésil]. Il est à Hong Kong (Chine), avec les jeunes manifestants démolissant les tours de reconnaissance faciale. Son esprit est avec le militant dakota-anishinabé Leonard Peltier7 dans sa cellule de prison. Il est avec le mouvement Sunrise (Lever de soleil) ; RAICES (Refugees and Immigrants Center for Education and Legal Services ; Centre d’éducation et de Services juridiques pour les réfugiés et les immigrants) ; The Squad (l’Escouade) ; l’EZLN (Ejercita Zapatista de Liberacion National ; Armée zapatiste de libération nationale)8 ; les Autochtones hawaiens, qui contrent l’édification d’un télescope sur le volcan sacré de Nauna Kea ; Black Lives Matter (La vie des Noirs compte)9 ;  The American Indian Movement (le Mouvement des Indiens américains)10 ; et aussi avec les protecteurs de l’eau et de la terre autour du globe. Il vit dans le coeur de chaque personne qui s’efforce d’obtenir une libération, et dans chaque guerrier de la terre qui combat pour mettre un terme à la crise climatique. 

Aussi, armez-vous de fortes prières. Réclamez une vision. Parlez avec les ancêtres. Soyez un(e) bon(ne) parent(e) pour toutes les créatures vivantes. Laissez votre esprit vous mener et soyez prêts à vous sacrifier car certaines choses valent la peine de payer le prix ultime. Crazy Horse le savait. Il sacrifia sa vie pour son peuple.

Les aînés des tribus rapportent que ses derniers mots furent : « Père, dis à mon peuple qu’il ne peut plus dépendre de moi. »

Selon les indications du Mémorial Crazy-Horse  [sculpture monumentale édifiée dans les Black Hills], il mourut aux environs de minuit. Les aînés tribaux expliquent aussi que son corps fut enterré en secret. Seules quelques rares personnes connaissent l’endroit exact de sa sépulture.

L’homme médecine lakota oglala Leonard Crowdog11 affirmait que « nous sommes le rêve de Crazy Horse ». Vous aussi, cher lecteur. Dans une autre vision, Crazy Horse nous avait tous vus unis en un seul sous l’Arbre de vie.

À  présent, nous bravons l’adversité et nous nous battons pour ce que nous aimons. Les aînés nous enseignent encore que l’un des cris de guerre de Crazy Horse était « Maka ki ecela tehani yanke lo », ce qui signifie : « seule la terre dure toujours ! ».

Allez au front avec des coeurs forts !

Cet article a paru le 5 septembre 2021 dans le site Web Teen Vogue, teenvogue.com, What To Know About Crazy Horse on the Anniversary of His Assassination | Teen Vogue

Note de l’éditeur du site : certains détails de cette histoire ont été fournis oralement à l’auteure par des hommes-médecines et des aînés de la Nation sioux-lakota.

 

NOTES

 

  1. 1. Membre de la Nation Sioux Sisseton Wahpeton, Ruth Hopkins (Cankuduwartawin ou Red Road Woman, Femme de la Route Rouge) réside dans la réserve de Lake Traverse, dans le Dakota du Sud. Biologiste de formation, cette ancienne juge exerce aujourd’hui les fonctions d’avocate tribale. Elle a également cofondé le site Web lastrealindians.com (Les derniers vrais Indiens) et collabore à diverses publications autochtones. 
  2. Crazy Horse(Cheval sauvage ; vers 1839-1877). Chef et guerrier sioux lakota. Dans sa langue natale, son nom, Thašunka Witko, signifiait « ses chevaux ont le feu sacré ». Né dans le Dakota du Sud, il se distingua par un courage à toute épreuve, notamment lors des batailles qu'il gagna contre les militaires américains venus s'emparer des territoires indiens : la plus célèbre est celle de Little Bighorn (Petite rivière du Mouflon, Montana), qui eut lieu le 26 juin 1876 contre le colonel George Custer. Cependant, le 8 janvier 1877, il fut battu dans les Wolf Mountains (Montagnes du Loup) par le colonel Nelson Miles et contraint de se rendre le 6 mai suivant au fort Robinson (Nebraska), avec 900 des siens. Choisi comme éclaireur par l'armée américaine, il fut toutefois victime des rumeurs malveillantes du chef lakota Red Cloud (Nuage rouge ; 1824-1910), qui était jaloux de sa réputation, et assassiné le 5 septembre de la même année par son ancien frère d'armes, Little Big Man (Petit Homme Gros) ou peut-être par un gardien de prison. Sa famille l'enterra dans un lieu tenu secret de la vallée de Wounded Knee (Dakota du Sud).
  3. 3. Le 21 décembre 1866, la bataille de Fetterman (également connue sous le nom d’ « affaire Fetterman » ou de « massacre de Fetterman » par les Américains ; de « combat-des-Cents-dans-la-Main » par les Amérindiens) opposa 500 guerriers sioux-lakotas et cheyennes, menés par Crazy Horse et Red Cloud (Nuage Rouge), à 80 soldats américains dirigés par le capitaine William Fetterman, sur la piste Bozeman (près de Fort Phil Kearny, au nord du Wyoming). Elle fut déclenchée par les Autochtones car non seulement cette route jalonnée de forts traversait une importante zone de chasse qui leur appartenait, mais elle risquait d’être ouverte à l’invasion de colons blancs. Tous les militaires furent tués au cours de l’affrontement. 

 

La bataille de Rosebud Creek (Crique de Rosebud, comté de Big Horn ou du Mouflon, Montana) se déroula le 17 juin 1876 entre 1000 soldats américains et leurs 300 éclaireurs Crows (corbeaux) et shoshones, dirigés par le général George Crook, et 750 guerriers sioux lakotas et cheyennes menés par Crazy Horse. En 1868, le traité de Fort Laramie avait attribué les terres sacrées des Black Hills (Collines noires) aux Lakotas, mais la découverte d’importants gisements aurifères dans cette région provoqua en 1874 une ruée vers l’or de colons blancs. Les Autochtones refusant de vendre leurs terres, le gouvernement américain décida alors d’envoyer l’armée en exterminer un maximum et enfermer les survivants dans des réserves. Cependant, Crazy Horse attaqua les troupes du général Crook, l’empêchant d’effectuer sa jonction avec celles du colonel George Custer et des généraux John Gibbon et Alfred Terry. Au terme de ce conflit d’une journée, les pertes furent estimées à une dizaine du côté des Américains, une centaine du côté des Amérindiens.

La bataille de Little Big Horn (Petite rivière du Mouflon, Montana) est également connue sous les noms de « Custer’s Last Stand » (La dernière résistance de Custer) par les Américains ; et de « bataille de Greasy Grass » (Herbe grasse) par les Amérindiens. Elle se déroula les 25 et 26 juin 1876 entre les 647 hommes de la cavalerie du colonel George Custer et 1500 à 2000 guerriers autochtones : les Sioux lakotas étaient commandés par Crazy Horse, Sitting Bull et Gall, et les Cheyennes, par le chef Lame White Man (Homme Blanc Boîteux). Elle eut pour point de départ la trahison, par les Américains, du traité de Fort Laramie de 1868 qui avait concédé aux Autochtones les terres sacrées des Black Hills (Collines noires). En 1874, une exploration menée par Custer dans cette région avait abouti à la découverte de gisements aurifères et bientôt, on assista à une ruée vers l’or de colons blancs. Les Indiens refusant de vendre leurs terres, les autorités décidèrent alors d’envoyer l’armée en exterminer un certain nombre et enfermer les autres dans des réserves. Toutefois, celle-ci se heurta à une résistance farouche et le retentissement de la victoire des Autochtones à Little Big Horn perdure encore de nos jours. Ce combat, au cours duquel Custer et Lame White Man trouvèrent la mort, fit 268 victimes parmi les militaires, entre 60 et 100 parmi les Amérindiens.   

  1. Red Cloud (Nuage Rouge ou Mahpiya Luta ; 1822-1909). Chef sioux oglala. Né près de l’actuelle ville de North Platte (Nebraska), il dut prouver son courage et sa détermination pour s’imposer comme leader car il n’était pas fils de chef. De 1866 à 1868, il mena de nombreuses batailles à la tête des Sioux, des Cheyennes et des Arapahos contre les troupes armées américaines établies sur la piste Bozeman (près de Fort Phil Kearny, au nord du Wyoming), qui traversait une importante zone de chasse et menaçait de se voir ouvrir à la colonisation. Finalement, par le traité de Fort Laramie (1868), les Autochtones obtinrent l’abandon des forts par les militaires, ainsi que des territoires sur une réserve de 240 000 km2 (incluant la partie occidentale du Dakota du Sud, le nord du Wyoming et l’est du Montana). Nuage Rouge mourut à 87 ans sur une réserve à Pine Ridge (Dakota du Sud).

  2.  Les Black Hills (Collines Noires ou Paha Sapa) sont des terres sacrées pour les Indiens lakotas, qui les revendiquent depuis 1776, année d'une bataille qu'ils avaient gagnée contre les Cheyennes. En 1868, le traité de Fort-Laramie, qui mit fin à la guerre du chef Red Cloud (Nuage Rouge ; 1824-1910) contre l'armée américaine, les intègra dans la Grande Réserve Sioux. Mais six ans plus tard, le général George Custer (1839-1876) viola l'entente en les ouvrant à la ruée vers l'or, provoquant de nouvelles batailles, dont celle de la Little Bighorn (26 juin 1876), qui fut remportée par le chef Crazy Horse (1839-1877). Cependant, après la défaite de ce dernier dans les Wolf Mountains (Montagnes du Loup), puis son emprisonnement et son assassinat, le gouvernement américain détruisit la réserve sioux et s'empara des terres, qu'il vendit aux colons à des prix dérisoires. En 1980, il proposa un dédommagement financier aux Lakotas, qui le refusèrent afin que ces terres sacrées ne deviennent pas propriété états-unienne.
  3. Standing Rock (Le Rocher debout, Dakotas du Nord et du Sud) est une vaste réserve sioux-lakota de 9251,2 km2. En 2016, les Autochtones se battirent contre la construction d’un oléoduc de 1900 km (Pipeline Dakota Access, l’oleoduc d’accès au Dakota) aux abords de leur territoire. Des échauffourées eurent lieu à Cannonball (Boulet de canon, Dakota du Nord), jusqu’à ce que l’ingénieur de l’armée américaine n’annonce, le 4 décembre de la même année, son refus d’accorder un permis de forage sous la rivière Missouri. Toutefois, les travaux reprirent l’année suivante avec l’accession du républicain Donald Trump à la présidence des États-Unis, obligeant de nombreux Sioux à quitter leur territoire. En signe de révolte, ils brûlèrent leurs camps avant de partir. 

 

  1. Leonard Peltier (1944-). Leader, artiste-peintre et prisonnier politique autochtone. Né à Grand Forks (Dakota du Nord, États-Unis), ce membre des Nations sioux-lakota, anishinabée et chippewa, d'ascendance métisse canadienne française, joua un rôle important dans les années 1970 au sein de l'American Indian Movement (AIM, Mouvement des Indiens américains), dans le réveil de la fierté autochtone et des revendications des siens. En 1975, il fut accusé du meurtre de deux policiers fédéraux qui avait eu lieu dans la réserve de Pine Ridge (Dakota du Sud), lors de la commémoration du massacre des Sioux de Wounded Knee (1890), puis condamné sans preuves en 1977 à deux peines d'emprisonnement à perpétuité. Malgré la pression internationale, il est toujours détenu au pénitencier de Coleman (Floride).

 

  1. Sunrise (Lever de soleil) est un mouvement écologique et politique qui fut fondé en 2017 par de jeunes Américains. Il vise à stopper le réchauffement climatique et à créer des emplois.  

 

RAICES (Refugees and Immigrants Center for Education and Legal Services ; Centre d’éducation et de services juridiques pour les Réfugiés et les immigrants) est une organisation américaine internationale oeuvrant pour les droits et le bien-être des personnes, des familles et des enfants déplacés.

 

The Squad (L’Escouade) est un groupe de 4 femmes de couleur âgées d’une quarantaine d’années et issues de l’aile gauche du Parti démocrate, qui furent élues en 2018 à la Chambre des représentants des États-Unis. Elles sont engagées dans des politiques progressistes, dont le Green New Deal (le Nouveau Pacte vert, un concept apparu au niveau international dans les années 2000), qui travaille à créer des emplois dans les industries renouvelables pour stimuler l’économie et freiner le réchauffement climatique.

 

L’EZLN (Ejercita Zapatista de Liberacion National ; Armée zapatiste de libération nationale) est une organisation politique et militaire mexicaine qui fut fondée en 1994 au Chiapas, dans la lignée des révolutions d’Emiliano Zapata (1879-1919). La même année, elle organisa un soulèvement armé dans cet État afin d’attirer l’attention internationale sur les conditions précaires des populations indigènes. Par la suite, elle devint un symbole de la résistance à l’impérialisme occidental et de la lutte altermondialiste.

 

  1. Black Lives Matter (La Vie des Noirs compte) est un mouvement né en 2013 dans la communauté afro-américaine pour lutter contre le « racisme systémique » dans la société, les violences policières et les inégalités raciales dans le système de de justice criminelle. Il a notamment organisé d’importantes manifestations après l’assassinat, par un policier, de George Floyd, un homme noir de 46 ans, qui avait eu lieu le 25 mai 2020 lors de son interpellation dans une rue de Minneapolis (Minnesota).
  2. Le Mouvement des Indiens américains (American Indian Movement, AIM) fut fondé en 1968 à Minneapolis (Minnesota) par George Mitchell, Dennis Banks, Eddy B. Banai et Clyde Bellecourt, pour défendre les droits des Autochtones. Au nombre de leurs revendications, figuraient la restauration des traités brisés, la restitution des terres, la souveraineté tribale, la conservation de leurs cultures, ainsi que des conditions d’accès décentes aux soins médicaux, au logement et à l’éducation. Le mouvement se signala par l’occupation de plusieurs endroits : l’île d’Alcatraz (Californie), de novembre 1969 à juin 1971 ; le Bureau des Affaires indiennes à Washington (District de Columbia, DC), en novembre 1972, pendant une semaine ; et en février 1973, par un siège de 71 jours accompagné d'une prise d’otages dans la réserve de Pine Ridge (Dakota du Sud), qui avait été le théâtre du massacre des Sioux de Wounded Knee en 1890. Le 26 juin 1975, lors d'une commémoration de ce génocide sur les mêmes lieux, une fusillade qui fit deux victimes parmi les agents fédéraux entraîna l'arrestation du militant sioux-lakota Leonard Peltier (31 ans), puis sa condamnation arbitraire pour meurtre à la prison à perpétuité. Malgré sa scission en deux factions depuis 1993, le mouvement continue aujourd’hui à préserver les intérêts des Autochtones et à faire vivre leurs pratiques culturelles et spirituelles. 
  3. Leonard Crow Dog(Chien-Corbeau ; 1942-2021). Chef spirituel sioux-lakota Sicangu (ou Brûlé), homme-médecine de la 6e génération des Crow Dogs, et conseiller tribal. Fils de l’homme-médecine Henry Crow Dog (1899-1985), il naquit sur la réserve de Rosebud (Dakota du Sud) et étudia la langue et les traditions de son peuple auprès de son père et des aînés oglalas. En 1970, devenu le leader spirituel du Mouvement des Indiens américains (American Indian Movement, AIM ; fondé en 1968), qui avait sonné le réveil de la culture et des revendications autochtones, il joua un rôle majeur en son sein : participation à la grande marche sur Washington, D.C., destinée à attirer l’attention du président des États-Unis sur les problèmes de ses compatriotes (The Trail of The Broken Treaties, La Piste des traités brisés, 1972) ; organisation de manifestations contre les crimes haineux perpétrés à l’égard des Lakotas ; mise en forme de projets de loi, tels l’Acte d’auto-détermination et d’Éducation des Indiens (1975) et l’Acte de liberté religieuse des Indiens américains (1978), pour ne citer que quelques-unes de ses actions. En 1973, il conduisit les négociations entre les autorités fédérales et les militants de l’AIM qui, après avoir pris des otages, occupèrent 71 jours durant le théâtre du massacre des Sioux de 1890, Wounded Knee, sur la réserve de Pine Ridge (Dakota du Sud). Deux ans plus tard, il y fut arrêté après la fusillade qui avait opposé la police et les Autochtones venus commémorer le même génocide, faisant deux morts parmi les agents fédéraux : il écopa de deux années de prison pour cause de « solidarité » avec les siens. À partir des années 1980, il dirigea de nombreuses cérémonies dans les tribus de sa région et du Sud-Ouest, dont celle des Navajos, à Big Mountain (la Grande Montagne, Arizona), remettant notamment à l'honneur les danses du Soleil et des Esprits (Ghost Dance). 

 

 

 

 

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c'est le nombre d'enfants déjà exhumés

mon cœur est triste 

 

 

 

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