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Les Indiens d'Amérique du Nord

ismene toussaint

cet article à été envoyé aux inscrits à la newsletter mais je le reporte aussi ici car il concerne aussi les femmes métis Autochtones et puis aussi parce que Ismène fait partie de mes amis (es) croisés sur internet et j'en suis fier 

L’AUTEURE ISMÈNE TOUSSAINT HONORÉE DANS UN OUVRAGE D'ALEXANDRIA ANTHONY ÉCRIT EN MÉMOIRE DES FEMMES AUTOCHTONES DISPARUES ET ASSASSINÉES : « SACRED INDIGENOUS/METIS WOMEN » (FEMMES AUTOCHTONES MÉTISSES SACRÉES ; MULES OF THE LORD PUBLISHER, 2019)

L’auteure ISMÈNE TOUSSAINT honorée dans un ouvrage D'ALEXANDRIA ANTHONY

© Mules of the Lord Publisher - Alexandria Anthony -

ALEXANDRIA ANTHONY PUBLIE UN OUVRAGE EN L’HONNEUR DES FEMMES AUTOCHTONES DISPARUES ET ASSASSINÉES :

SACRED INDIGENOUS/METIS WOMEN 
(MULES OF THE LORD PUBLISHER, 2019) 

PAR ÉRIC CARTIER (COMMUNICATEUR, MONTRÉAL) 
 RÉVISION : ISMÈNE TOUSSAINT

Toutes les femmes sont sacrées.
Alexandria Anthony

Le 28 juin 2019 – L’auteure canadienne française et métisse d’adoption Ismène Toussaint a eu toute une surprise au printemps dernier en découvrant qu’elle figurait dans l’ouvrage d’Alexandria Anthony1, Sacred Indigenous/Metis Women (Femmes autochtones métisses sacrées ; Mules of the Lord Publisher, Manitoba, 2019), parmi une vingtaine de portraits de femmes ayant joué un rôle important dans l’histoire métisse.

Écrit en hommage aux milliers de femmes autochtones2 qui ont disparu et (ou) été assassinées au Canada au cours des dernières décennies, ce livre éducatif à colorier – dont le produit des ventes sera versé à la cause des victimes (Missing and Murdered Indigenous Women, MMIW) – poursuit un double objectif : sensibiliser les jeunes et les moins jeunes à une tragédie qui se perpétue dans la relative indifférence de la population blanche ; dénoncer un fléau qui, malgré l’ouverture en 2016 d’une Enquête nationale de trois années, est insuffisamment pris en considération par les pouvoirs publics, alors qu’il exigerait, selon l’historienne, «l’effort collectif des gouvernements, des organisations et des individus» pour être endigué.

Pour la descendante de Cuthbert Grant3, fondateur de la Nation Métisse politique dans l’Ouest (1816), et leader des Métis écossais contemporains, ce drame indigne d’un pays tel que le Canada puise ses racines dans l’Acte des Indiens de 1876 (1850-1851 pour le Québec) : en contraignant les Premiers peuples à s’établir dans des réserves, il a en effet ôté à ces derniers « tout contrôle sur leur vie ». Placées désormais sous la domination du chef de famille et forcées d’adopter le système de valeurs des colons (comportement codifié, sexualité réglementée, divorce interdit, etc.), les femmes autochtones ont perdu leur liberté, leur force mentale, spirituelle, et leur rôle, lequel consistait non seulement à entretenir le foyer et à élever les enfants, mais aussi à guérir les malades, à transmettre leurs connaissances aux jeunes filles, et à découper et conserver le gibier chassé par les hommes. La position de vulnérabilité et l’extrême marginalisation dans lesquelles elles se sont retrouvées en ont fait par conséquent les victimes toutes désignées des viols, de la prostitution, du kidnapping, du trafic humain et des assassinats. Cependant, la magistrature canadienne continue à percevoir la violence et les problèmes sociaux sévissant chez les Autochtones comme un « phénomène naturel »...

L’auteure ISMÈNE TOUSSAINT honorée dans un ouvrage D'ALEXANDRIA ANTHONY


L’étudiante Tina Fontaine était une amie d’Ismène Toussaint. En 2014, elle fut violée, étranglée et jetée dans la rivière Rouge, à Winnipeg (Manitoba). Bien qu’elle soit devenue depuis un symbole national pour les femmes autochtones, son présumé assassin a été libéré.

L’Association des Femmes Autochtones du Canada (Native Women’s Association in Canada, NWAC) a répertorié les noms de près de 10 000 femmes disparues et (ou) assassinées depuis les quatre dernières décennies. Encore est-on loin du compte… S’y sont ajoutés ceux de 130 nouvelles victimes depuis le début de l’Enquête nationale. Au point qu'au terme de celle-ci, les Autochtones n’ont pas craint de qualifier cette terrible situation de « génocide » : une accusation qui a secoué le pays tout entier, attisant les polémiques et attirant sur le gouvernement les foudres de plusieurs médias et organismes étrangers.

Accompagné de photographies, de dessins signés Preacher Timothy et de reproductions d’éléments de la culture métisse à colorier (chevaux, charrettes de la rivière Rouge, violons, etc.), l'ouvrage d'Alexandria Anthony, de belle facture, facile à lire et aussi émouvant qu’instructif, est divisé en quatre parties.

Dans la première, l’auteure recense les Femmes historiques autochtones métisses, au nombre  desquelles les « femmes de Louis Riel » : sa grand-mère maternelle, Marie-Anne Gaboury (épouse Lagimodière), dont on dit qu’elle fut, au XVIIIe siècle, la première pionnière « blanche » du Bas-Canada dans l’Ouest ; sa mère, Julie Lagimodière-Riel ; sa sœur, Sarah Riel, religieuse missionnaire en Saskatchewan ; et son épouse, Marguerite Monet-Belhumeur, qui, dans les années 1884-1885, l’accompagna dans sa tragique résistance aux autorités politiques et militaires en Saskatchewan. On y fait aussi la connaissance des aïeules d’Alexandria Anthony : Marie McGillis, femme de Cuthbert Grant, et leur fille Maria Rose Grant (épouse Gariépy puis Breland), qui donnèrent toutes deux naissance à une impressionnante lignée de Grant. On y rencontre également Mikak, la première Inuk à avoir voyagé en Europe au XVIIIe siècle, et qui servit d’intermédiaire entre les colons blancs et les marchands de fourrures amérindiens au Labrador ; Madeleine Wilkie, qui partagea avec son mari, Gabriel Dumont, les affres de la bataille de Batoche (Saskatchewan), en  1885 ;  la poète E. Pauline Johnson, qui, entre la fin du XIXe siècle et le début du suivant, célébra sur scène son héritage autochtone ; ou encore Kenojuak Ashevak, pionnière de l’art Inuit.

La seconde partie met en relief les Femmes autochtones métisses ayant eu un impact sur nos contemporains : Jody Wilson-Raybould, avocate et ancienne ministre fédérale de la Justice ; l’actrice Tantoo Cardinal ; la violoneuse Sierra Noble ; Charlene Hancox, défenseure du Vieux Moulin des Grant (Grant Old’s Mill), à Winnipeg (Manitoba) ; la Sage Thérèse Lizotte, artisane et poète ; aussi l’auteure Ismène Toussaint, cofondatrice du mouvement d’Union métisse Est-Ouest (voir son portrait en note 4).

Dans la troisième partie, intitulée En mémoire des femmes autochtones assassinées,l’historienne a tenu à rendre hommage à trois de ces martyres : Annie Yassie, Helen Betty Osborne et Anie Mae Aquash, jeunes filles respectivement disparue et assassinées dans les années 1970.

Dans la quatrième partie, Considérations finales de l'auteure, elle affirme que les grandes figures de femmes autochtones devraient occuper dans l’histoire du pays une place égale à celle de leurs homologues canadiennes. De même espère-t-elle que son ouvrage permettra à de nombreux lecteurs de prendre conscience que la vie des femmes autochtones, quelles qu’elles soient, est aussi précieuse que celle de toutes les autres femmes. Et que la lutte contre leur disparition et leur assassinat constitue un véritable impératif national. En conséquence, elle encourage vivement toute personne témoin d’un meurtre à rapporter les faits à la gendarmerie, même de manière anonyme, ou à l'adresse courriel suivante : metiswarrior@gmail.com

Pour commander l’ouvrage, dont une version enrichie vient déjà de paraître, veuillez consulter le site Metis Warriors,  http://www.metiswarrior.com – L’auteure est joignable par le biais des pages Facebook « Alexandria Anthony » et « Metis Warriors ».

 

L’auteure ISMÈNE TOUSSAINT honorée dans un ouvrage D'ALEXANDRIA ANTHONY

 
Alexandria Anthony

NOTES

1. Originaire de Selkirk (Manitoba), Alexandria Anthony (née Horyski) est l’arrière-arrière-arrière-petite-nièce de Cuthbert Grant, fondateur de la Nation métisse politique dans l’Ouest (1816). Elle a effectué une carrière dans la finance. En 2010, elle procède au réveil des Métis écossais sous la bannière de son ancêtre que, selon son expression, elle « déterre des sables de l’oubli dans lesquels l’histoire canadienne officielle l’avait enfoui ». Elle lui rend ses lettres de noblesse en organisant notamment de nombreux événements historiques et culturels au Vieux Moulin des Grant (Grant’s Old Mill), à Winnipeg, et deux ans plus tard, fonde le Clan Siol Cudbright sous le parrainage du 33e chef du Clan Grant d’Écosse, Sir James Grant, Lord Strathpey. Parallèlement, elle devient l’une des personnalités-phares du mouvement d’Union métisse Est-Ouest cofondé par l’auteure Ismène Toussaint en 2005. En 2018, elle crée avec son mari Timothy Anthony le groupe Metis Warriors (Les Guerriers métis), dont la vocation est de dénoncer toutes les formes d’abus, de corruption et de mensonges historiques régnant dans la Nation métisse (voir leurs vidéos dans le site Youtube). Elle est également l’auteure de plusieurs ouvrages historiques, dont Cuthbert Grant Jr – A Metis visionary(Cuthbert Grant fils, un visionnaire métis), The Seed of a Metis Warrior planted in the Colony of Jamestown (Une graine de guerrier métis plantée dans la colonie de Jamestown), Rumblings of Tyranny within the Metis Nation (Grondements de tyrannie au sein de la Nation métisse) ; de livres à colorier, et d’une série éducative mettant en scène l’amusant Bannock Boy (Le garçon Banique), inspiré du pain banique que confectionnent les Autochtones. Voir le site Metis Warriors, http://www.metiswarrior.com

2. Rappelons que le terme « Autochtone » englobe « les Premières Nations, les Métis et les Inuit », selon l’article 35 de la Constitution canadienne de 1982.

3. Voir la rubrique « Dossiers - Cuthbert Grant » située en haut à gauche de ce site, et en particulier l’article d’Ismène Toussaint intitulé «Cuthbert Grant, le Bison-tempête, fondateur de la Nation Métisse», 1er novembre 2012, ► http://www.ismenetoussaint.ca/ArticleView.php?article_id=834 De nombreux articles ont été également consacrés à Alexandria Anthony.

4. L’auteure la présente ainsi :
« Ismène Toussaint, docteure ès lettres, est née en Bretagne, région originelle d’une partie de la famille de Louis Riel. Elle a vécu parmi les Métis du Manitoba et du Québec. Chroniqueuse et auteure, elle a publié plusieurs ouvrages sur l’histoire franco-canadienne, notamment Louis Riel, le Bison de cristal (2000), Louis Riel, Journaux de guerre et de prison, suivis de Chronologie métisse 1604-2006(2005),  Gabriel Dumont, Souvenirs de résistance d’un immortel de l’Ouest (avec Denis Combet, 2009), et Louis Riel et le Québec (en préparation). Elle a également écrit des centaines d’articles sur Louis Riel et la cause métisse contemporaine. Quelques-uns d’entre eux figurent dans L’Encyclopédie canadienne.

Le 8 mai 2005, elle a cofondé le mouvement d’Union métisse Est-Ouest dans l’esprit de Louis Riel, qui a permis aux Métis du Manitoba, du Québec et des Provinces Maritimes de se retrouver après 120 ans d’injustices.

Le 8 mai 2007, elle a cosigné l’Acte d’Union métisse Est-Ouest qui déclare que les Métis forment « un seul peuple, fraternel, uni et indivisible, d’une extrémité à l’autre du continent ». Depuis 2005, son adoption par les Métis a été confirmée à plusieurs reprises. Jusqu’en 2011, elle a œuvré continuellement en partenariat avec des organismes métis, participant à des émissions de télévision et de radio, aidant les Métis et représentant ceux-ci dans des événements.

La même année, elle a reçu le grade honorifique de major à Ottawa de l’Association des Vétérans et membres actifs autochtones du Canada (Canadian Aboriginal Veterans and Service Members Association), « pour services exceptionnels rendus à la Nation métisse ». Elle publie actuellement une trilogie romanesque intitulée La maîtresse d’école (Les Éditeurs Réunis, 2015, 2016, 2019), dans laquelle apparaissent des personnages métis. En 2018, un prix littéraire national a été créé en son nom au Québec. Site Web : http://www.ismenetoussaint.ca » 

 

 

 

© Éric Cartier – 
Ismène Toussaint  

 

 

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 du site d' ISMÈNE TOUSSAINT

 Afin de rendre hommage à la Femme-Ciel, à la Grand-Mère Lune, à la Mère-Terre. aux femmes et à tout ce qui est féminin dans la Création, La Famille (coordonnateur : M. Yvan Bombardier) et le Conseil Traditionnel Mohawk organisent chaque mois, depuis huit ans, une Cérémonie de la Pleine Lune. Celle-ci se déroule au lieu-dit « Les Tams Tams », avenues Rachel et du Parc, derrière l'obélisque de Montréal.  

Cet événement est gratuit et ouvert à tous (prévoir des vêtements chauds en période hivernale). Voici les dates et horaires des cercles à venir :

Lundi 1er juin, à 21h
Mardi
30 juin, à 21h
Jeudi
30 juillet, à 21h
Vendredi
28 août, à 21h
Samedi
26 septembre, à 20h
Lundi
26 octobre, à 19h
Mardi
24 novembre, à 18h
Jeudi
24 décembre, à 18h

Yvan Bombardier

Informations : Tel : 514-526-0737-
Site Web :
http://www.famillesdumonde.org/

 

 

 

© Yvan Bombardier, La Famille - Photo : lainfo.es -

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COPRÉSIDENCE DES AUTOCHTONES MÉTIS DE LA NATION QUÉBÉCOISE 

 

11 JUIN 2009 : JEAN JOLICŒUR DÉNONCE LA VIOLATION DES DROITS DES MÉTIS ET DES INDIENS HORS-RÉSERVES  PAR LES GOUVERNEMENTS LORS D’UNE CONFÉRENCE D’ISMÈNE TOUSSAINT PRONONCÉE SUR GABRIEL DUMONT À LA SOCIÉTÉ SAINT-JEAN-BAPTISTE DE MONTRÉAL.

GABRIEL DUMONT SOUS TOUS SES ANGLES

Le 11 mai 2009, lors du lancement de son ouvrage, Gabriel Dumont, Souvenirs de résistance d’un immortel de l’Ouest (écrit en collaboration avec Denis Combet, Éditions Cornac), à la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJBM), l’auteure Ismène Toussaint annonçait la renaissance et la consolidation de l’Union métisse Est-Ouest, un mouvement qu’elle avait cofondé le 8 mai 2005 pour permettre aux Métis des Provinces Maritimes, du Québec et du Manitoba de se retrouver après cent-vingt ans de séparation. Le 18 mai suivant, appuyés par des Métis de la SSJBM, des associations nationalistes et du gouvernement du Québec, Gilles Rhéaume, président de l'Union, Jean Jolicœur, chef de l’Alliance Autochtone du Québec (AAQ, 30 000 membres Premières Nations, Métis et Inuits Métis hors-réserves), et elle-même faisaient reconnaître la Nation métisse par la Nation québécoise devant plus de 400 représentants de l’élite du pays réunis lors de la Soirée des Patriotes, à Montréal : une action qui valait à ces deux derniers d’être nommés Coprésidents des Autochtones Métis de la Nation québécoise (CAMNQ).

Le 11 juin 2009, l’écrivaine était invitée par Jean-Pierre Durand, Métis et vice-président de la SSJBM, à prononcer une conférence dans le cadre de cet organisme : « Après cent-vingt ans, Gabriel Dumont revient au Québec ». Après avoir dévoilé un tableau de Guéganne, la plus grande artiste métisse Micmaque des Provinces Maritimes, intitulé La Cause métisse, et rendu hommage aux cofondateurs de l’Union métisse Est-Ouest dans cette région, Ismène Toussaint a expliqué la signification de quelques symboles et objets. Puis elle a retracé les faits les plus saillants de la vie de l’ancien chef métis de l’Ouest : sa naissance, en 1837, à Saint-Boniface (colonie de la rivière Rouge, futur Manitoba) ; sa participation, alors qu’il n’était encore qu’un adolescent, à la bataille de Grand-Coteau contre les Sioux (Missouri, 1851) ; ses activités de capitaine de chasse aux bisons ; son soutien indéfectible à Louis Riel dans sa lutte contre les spoliateurs canadiens-anglais des terres autochtones ; son mandat de premier président des Territoires du Nord-Ouest à Saint-Laurent (Saskatchewan, 1873-1878) ; son organisation du soulèvement métis dans cette région, mené avec maestria contre l’armée canadienne mais qui se solda par l’écrasante défaite de Batoche (12 mai 1885) et par son exil aux États-Unis ; l’accueil triomphal remporté par sa tournée de conférences au Québec, en 1888 ; la rédaction de ses souvenirs (1888 et début des années 1900), qui ne seraient révélés au public qu’en 2009 ; et son retrait dans l’ombre jusqu’à sa mort, survenue en 1906 en Saskatchewan.

L’auteure a enchaîné avec un bref portrait de la cause métisse contemporaine, dont elle poursuit la défense avec plusieurs leaders dans la lignée de Louis Riel et de Gabriel Dumont, puis achevé son exposé par une adresse à Jean Jolicœur sur la définition de « Sauvages Blancs » – ces premiers Européens ayant embrassé le mode de vie autochtone et qui devaient fonder le peuple métis –, elle-même étant une Française adoptée plusieurs fois « Métisse ».

L’invité d’honneur de cette causerie était Denis Riel, arrière-petit-cousin de Louis Riel et homme d’affaires, qui n’hésita pas à prendre fait et cause pour son illustre aïeul tout en évoquant son engagement récent dans le mouvement métis. 

LE COUP DE MAÎTRE DE JEAN JOLICŒUR : UNE DEMANDE DE RECONNAISSANCE COLLECTIVE DES MÉTIS ET DES INDIENS HORS-RÉSERVES

Mais ce fut Jean Jolicœur, un Algonquin justifiant d’une solide ascendance métisse (2), qui créa la surprise de la soirée par sa présentation d’un rapport historique et juridique de fraîche date démontrant que « les Autochtones hors-réserves ont les mêmes droits que ceux des réserves », seuls bénéficiaires jusqu’à présent des ententes conclues avec les gouvernements et des avantages financiers concédés par ces derniers. Initiée par l’AAQ et par neuf de ses membres actuellement poursuivis pour infraction à la Loi sur la Conservation et la mise en valeur de la faune et à la Loi sur les Pêches, cette requête pour jugement déclaratoire intitulée « Alliance Autochtone du Québec et Nicolas Schattler et Richard Schattler et Churchill Boland et Jules Saint-Gelais et Christian Tremblay et Henrico Lapointe et Jimmy Tremblay et David Béchamp et Rhéal Paul, requérants, c. Le procureur général du Québec pour et au nom du Ministre des Ressources naturelles et de la Faune du Québec et du Ministre délégué aux Affaires autochtones du Québec et Le procureur général du Canada pour et au nom du Ministre des Pêches et Océans du Canada et du Ministre des Affaires indiennes et du Nord canadien et interlocuteur fédéral auprès des Métis et des Indiens non-inscrits, intimés, et Assemblée nationale du Québec à l’intention de M. Vallières, ès qualités de président, mis en cause » (3) a été soumise à la Cour Supérieure du Québec afin qu’elle répare les injustices qui frappent les pratiques de chasse et de pêche de subsistance inhérentes à la culture autochtone, et redonne au peuple ignoré « toutes les opportunités et toute la dignité auxquelles il est en droit de s’attendre de la part d’un état démocratique. »

Avec passion et conviction, Jean Jolicœur a passé en revue les principaux aspects de ce document. Il a tout d’abord rappelé que selon le rapport de la Commission royale sur les Peuples Autochtones de 1996, les Indiens étaient jadis « organisés en sociétés et occupaient les territoires comme leurs ancêtres le faisaient depuis des siècles », mais qu’aux liens fraternels tissés par les Européens avec ceux-ci, s’était substituée, à partir de la fin du XVIIIe siècle, une politique coloniale aux visées agriculturistes, commerciales et industrielles qui avait progressivement entraîné leur déracinement, leur acculturation et leur assimilation à la société blanche. En 1850, la Loi sur les Indiens, en contraignant ces derniers à s’établir dans des réserves, provoqua notamment la perte de leur pouvoir décisionnel, de leur autonomie financière, ainsi que celle du statut autochtone pour les femmes mariées à des non-Indiens et pour leurs descendants (4). Elle sécréta également un pernicieux clivage entre les Indiens des réserves et ceux qui refusèrent d’y entrer ou qui furent oubliés ou exclus des registres d’inscription, aussi bien qu’une négation inique des Métis, condamnant désormais ces peuples à vivre dans la marginalité, l’indigence et l’isolement. 

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COPRÉSIDENCE DES AUTOCHTONES MÉTIS DE LA NATION QUÉBÉCOISE 

 

11 JUIN 2009 : JEAN JOLICŒUR DÉNONCE LA VIOLATION DES DROITS DES MÉTIS ET DES INDIENS HORS-RÉSERVES  PAR LES GOUVERNEMENTS LORS D’UNE CONFÉRENCE D’ISMÈNE TOUSSAINT PRONONCÉE SUR GABRIEL DUMONT À LA SOCIÉTÉ SAINT-JEAN-BAPTISTE DE MONTRÉAL.

GABRIEL DUMONT SOUS TOUS SES ANGLES

Le 11 mai 2009, lors du lancement de son ouvrage, Gabriel Dumont, Souvenirs de résistance d’un immortel de l’Ouest (écrit en collaboration avec Denis Combet, Éditions Cornac), à la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJBM), l’auteure Ismène Toussaint annonçait la renaissance et la consolidation de l’Union métisse Est-Ouest, un mouvement qu’elle avait cofondé le 8 mai 2005 pour permettre aux Métis des Provinces Maritimes, du Québec et du Manitoba de se retrouver après cent-vingt ans de séparation. Le 18 mai suivant, appuyés par des Métis de la SSJBM, des associations nationalistes et du gouvernement du Québec, Gilles Rhéaume, président de l'Union, Jean Jolicœur, chef de l’Alliance Autochtone du Québec (AAQ, 30 000 membres Premières Nations, Métis et Inuits Métis hors-réserves), et elle-même faisaient reconnaître la Nation métisse par la Nation québécoise devant plus de 400 représentants de l’élite du pays réunis lors de la Soirée des Patriotes, à Montréal : une action qui valait à ces deux derniers d’être nommés Coprésidents des Autochtones Métis de la Nation québécoise (CAMNQ).

Le 11 juin 2009, l’écrivaine était invitée par Jean-Pierre Durand, Métis et vice-président de la SSJBM, à prononcer une conférence dans le cadre de cet organisme : « Après cent-vingt ans, Gabriel Dumont revient au Québec ». Après avoir dévoilé un tableau de Guéganne, la plus grande artiste métisse Micmaque des Provinces Maritimes, intitulé La Cause métisse, et rendu hommage aux cofondateurs de l’Union métisse Est-Ouest dans cette région, Ismène Toussaint a expliqué la signification de quelques symboles et objets. Puis elle a retracé les faits les plus saillants de la vie de l’ancien chef métis de l’Ouest : sa naissance, en 1837, à Saint-Boniface (colonie de la rivière Rouge, futur Manitoba) ; sa participation, alors qu’il n’était encore qu’un adolescent, à la bataille de Grand-Coteau contre les Sioux (Missouri, 1851) ; ses activités de capitaine de chasse aux bisons ; son soutien indéfectible à Louis Riel dans sa lutte contre les spoliateurs canadiens-anglais des terres autochtones ; son mandat de premier président des Territoires du Nord-Ouest à Saint-Laurent (Saskatchewan, 1873-1878) ; son organisation du soulèvement métis dans cette région, mené avec maestria contre l’armée canadienne mais qui se solda par l’écrasante défaite de Batoche (12 mai 1885) et par son exil aux États-Unis ; l’accueil triomphal remporté par sa tournée de conférences au Québec, en 1888 ; la rédaction de ses souvenirs (1888 et début des années 1900), qui ne seraient révélés au public qu’en 2009 ; et son retrait dans l’ombre jusqu’à sa mort, survenue en 1906 en Saskatchewan.

L’auteure a enchaîné avec un bref portrait de la cause métisse contemporaine, dont elle poursuit la défense avec plusieurs leaders dans la lignée de Louis Riel et de Gabriel Dumont, puis achevé son exposé par une adresse à Jean Jolicœur sur la définition de « Sauvages Blancs » – ces premiers Européens ayant embrassé le mode de vie autochtone et qui devaient fonder le peuple métis –, elle-même étant une Française adoptée plusieurs fois « Métisse ».

L’invité d’honneur de cette causerie était Denis Riel, arrière-petit-cousin de Louis Riel et homme d’affaires, qui n’hésita pas à prendre fait et cause pour son illustre aïeul tout en évoquant son engagement récent dans le mouvement métis. 

LE COUP DE MAÎTRE DE JEAN JOLICŒUR : UNE DEMANDE DE RECONNAISSANCE COLLECTIVE DES MÉTIS ET DES INDIENS HORS-RÉSERVES

Mais ce fut Jean Jolicœur, un Algonquin justifiant d’une solide ascendance métisse (2), qui créa la surprise de la soirée par sa présentation d’un rapport historique et juridique de fraîche date démontrant que « les Autochtones hors-réserves ont les mêmes droits que ceux des réserves », seuls bénéficiaires jusqu’à présent des ententes conclues avec les gouvernements et des avantages financiers concédés par ces derniers. Initiée par l’AAQ et par neuf de ses membres actuellement poursuivis pour infraction à la Loi sur la Conservation et la mise en valeur de la faune et à la Loi sur les Pêches, cette requête pour jugement déclaratoire intitulée « Alliance Autochtone du Québec et Nicolas Schattler et Richard Schattler et Churchill Boland et Jules Saint-Gelais et Christian Tremblay et Henrico Lapointe et Jimmy Tremblay et David Béchamp et Rhéal Paul, requérants, c. Le procureur général du Québec pour et au nom du Ministre des Ressources naturelles et de la Faune du Québec et du Ministre délégué aux Affaires autochtones du Québec et Le procureur général du Canada pour et au nom du Ministre des Pêches et Océans du Canada et du Ministre des Affaires indiennes et du Nord canadien et interlocuteur fédéral auprès des Métis et des Indiens non-inscrits, intimés, et Assemblée nationale du Québec à l’intention de M. Vallières, ès qualités de président, mis en cause » (3) a été soumise à la Cour Supérieure du Québec afin qu’elle répare les injustices qui frappent les pratiques de chasse et de pêche de subsistance inhérentes à la culture autochtone, et redonne au peuple ignoré « toutes les opportunités et toute la dignité auxquelles il est en droit de s’attendre de la part d’un état démocratique. »

Avec passion et conviction, Jean Jolicœur a passé en revue les principaux aspects de ce document. Il a tout d’abord rappelé que selon le rapport de la Commission royale sur les Peuples Autochtones de 1996, les Indiens étaient jadis « organisés en sociétés et occupaient les territoires comme leurs ancêtres le faisaient depuis des siècles », mais qu’aux liens fraternels tissés par les Européens avec ceux-ci, s’était substituée, à partir de la fin du XVIIIe siècle, une politique coloniale aux visées agriculturistes, commerciales et industrielles qui avait progressivement entraîné leur déracinement, leur acculturation et leur assimilation à la société blanche. En 1850, la Loi sur les Indiens, en contraignant ces derniers à s’établir dans des réserves, provoqua notamment la perte de leur pouvoir décisionnel, de leur autonomie financière, ainsi que celle du statut autochtone pour les femmes mariées à des non-Indiens et pour leurs descendants (4). Elle sécréta également un pernicieux clivage entre les Indiens des réserves et ceux qui refusèrent d’y entrer ou qui furent oubliés ou exclus des registres d’inscription, aussi bien qu’une négation inique des Métis, condamnant désormais ces peuples à vivre dans la marginalité, l’indigence et l’isolement. 

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 « UN JOUR, LES PREMIERS PEUPLES DÉFERLERONT, TELS DES BISONS, ET RIEN NE POURRA PLUS LES ARRÊTER ! »

«  Comme les bisons, nous nous rassemblons très vite, et lorsque nous serons au summum de notre force, on ne pourra plus nous arrêter. Nous nous lèverons de nouveau, fiers, et il reviendra au gouvernement de prouver ce qui leur appartient et ce qui ne leur appartient pas. Ils ne pourront plus se cacher longtemps derrière leurs cours, lorsque tout le monde saura qu'ils mentent avec les gouvernements. Des siècles de mensonges et de tromperies vont prendre fin : ils nous ont assez pris ! Les Premiers Peuples se sont rassemblés ici, ils se sont parlé parmi les feux et se sont adressés aux esprits. Nous avons grandi intelligemment, pas seulement à notre manière, mais à la leur. Ceux qui ont dépouillé notre Nation et tenté de nous exterminer pour voler le reste, vivent sous contrats et sous des lois ; mais ils ont brisé ces lois et n'ont pas de contrats avec nous : ils ne sont rien d'autre que des voleurs, des meurtriers et des bandits. Mais cela va prendre fin. Plus unis nous serons, plus ils nous craindront : ils le savent aussi et ce temps va arriver vite. Nous n'en sommes plus très loin : chaque jour, un autre guerrier se réveille, une autre tribu s'informe. À la Nation des Premiers Peuples, à tous nos frères et sœurs, aux statués, aux non statués, aux Métis et aux Inuits, je dis que le temps est proche, et je vous remercie de vous lever dans la grandeur, de vous réveiller pour rapporter de nouvelles légendes que la jeunesse puisse voir, dont elle puisse être fière. J'ai vu une génération plus jeune se lever et je la remercie aussi : elle est en train de réapprendre la voie des guerriers et de notre Nation. L'Année des Premiers Peuples a été une belle année. Quelque chose de mémorable - parce qu'elle aura été le départ, le commencement de tout. » 

Two Bears Standing (Deux-Ours debout)
David Cada

du site d'Ismène Toussaint

 

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