• Déclaration du 6 Février 2018 : « Aidez-moi à gagner ma liberté ! »

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    Autoportrait de Leonard Peltier

     AIDEZ-MOI À GAGNER MA LIBERTÉ !

    PAR LEONARD PELTIER1, PRISONNIER POLITIQUE AUTOCHTONE AUX ÉTATS-UNIS (6 FÉVRIER 2018)

    (TRADUIT DE L'AMÉRICAIN PAR AURÉLIE JOURNÉE, CSIA-NITASSINAN/GROUPE DE SOUTIEN À LEONARD PELTIER EN FRANCE - RÉVISION : ISMÈNE TOUSSAINT)

    Le 6 février 2018

    Chère famille, chers amis et soutiens,

    Je suis bouleversé car aujourd’hui débute ma 43e année d’emprisonnement.

    J’ai eu de si grands espoirs, durant ces années, d'être libéré et de pouvoir retourner auprès de ma famille dans le Dakota du Nord. Et en 2018, je suis toujours ici à lutter pour ma liberté en raison des événements qui se sont déroulés en 1973.

    Je ne veux pas paraître ingrat auprès de mes soutiens, qui sont restés à mes côtés durant toutes ces années. Je vous aime de tout mon cœur et je vous respecte ; et je vous remercie pour l’amour et le respect que vous m’avez donnés.

    Mais la vérité est que je suis fatigué et que souvent, mes maladies me font souffrir presque sans répit durant des jours. Je viens de subir une opération du cœur et j’ai d’autres problèmes de santé qui nécessitent des traitements : mon anévrisme de l’aorte, qui pourrait éclater à tout moment, ma prostate et mon arthrose de la hanche et des genoux.

    Je ne pense pas vivre dix années de plus, et ce qu'il me reste comme temps, je voudrais le passer avec ma famille. Rien ne pourrait m’apporter plus de bonheur que de pouvoir serrer dans mes bras mes enfants, mes petits-enfants et mes arrière-petits-enfants.

    Je ne suis pas venu en prison pour devenir un prisonnier politique. J’ai fait partie de la résistance autochtone dès l’âge de neuf ans. Ma sœur, ma cousine et moi avons été kidnappés et emmenés dans une école résidentielle. Cet incident et la manière dont il affecte ma cousine Pauline ont un énorme impact sur moi. Ce même sentiment me hante, alors que je repense à mes 42 dernières années de détention arbitraire.

    La détention arbitraire me fait le même effet que lorsque j’ai entendu la fausse déclaration créée de toute pièce par le FBI sur la présence de Myrtle Poor Bear2 à Oglala (Dakota du Nord), la nuit de la fusillade.

    Un document fabriqué utilisé pour m’extrader illégalement du Canada en 1976.

    Je sais que vous savez que les dossiers du FBI sont pleins d’informations qui prouvent mon innocence. D'ailleurs, on refuse toujours à mon équipe juridique l'accès à plusieurs de ces dossiers.

    Durant mon pourvoi, avant la Cour d’appel fédérale « 8th Circuit », l’ancienne procureure Lynn Crooks a dit au Juge Heany : « Votre honneur, nous ne savons pas qui a tué ces agents. Nous ne savons pas davantage quelle a été la participation là-dedans, s’il y en a eu une, de Monsieur Peltier ».

    Cette déclaration me disculpe et j’aurais dû être relâché. Mais je suis là, 43 ans plus tard, à continuer de lutter pour ma liberté !

    J’ai plaidé mon innocence depuis si longtemps maintenant, dans tant de cours de justice, à travers tant de déclarations émises par le Comité de défense international de Leonard Peltier, que je ne vais pas débattre ici. Mais je vais répéter que JE N’AI PAS TUÉ CES AGENTS !

    Dans l'immédiat, j’ai besoin que mes soutiens, ici, aux États-Unis et à travers le monde, m’aident. Nous avons besoin de dons, grands ou petits, pour aider à payer mon équipe juridique, afin qu’elle cherche ce qui pourra me conduire à nouveau devant une cour ou me rapprocher de mon chez moi ; ou bien d'un communiqué compatissant à l'égard de mon pauvre état de santé et de mon âge. S'il vous plaît, aidez-moi à rentrer à la maison, aidez-moi à regagner ma liberté ! 

    Une nouvelle pétition, que mes frères et sœurs canadien(ne)s font circuler internationalement, sera attaché à ma lettre. S’il vous plaît, téléchargez-là et emmenez-la avec vous à votre travail, à votre école ou à votre lieu de culte. Obtenez autant de signatures que possible, un MILLION serait génial !

    Je suis un guerrier depuis l’âge de neuf ans. En 1973, je suis resté un guerrier. Je suis là depuis trop longtemps. Le début de cette 43e année, ajoutée à près de 20 ans de remise de peine pour bonne conduite, constitue plus de 60 ans passés derrière les barreaux.

    J’ai besoin de votre aide. J'ai besoin de votre aide aujourd'hui. Une journée en prison pour moi est une vie entière pour ceux qui sont à l'extérieur, car je suis isolé du monde. 

    Je reste fort uniquement grâce à votre soutien, à travers vos prières, votre activisme et vos dons, qui maintiennent ma défense en vie.

    Dans l’Esprit de Crazy Horse

     

    Doksha (À plus tard),

    Leonard Peltier

    NOTE

    1. Leonard Peltier (1944-). Leader, artiste-peintre et prisonnier politique autochtone. Né à Grand Forks (Dakota du Nord, États-Unis), ce membre des Nations lakota-sioux, anishinabée et chippewa, d'ascendance métisse canadienne française, joua un rôle important dans les années 1970 au sein de l'American Indian Movement (AIM, Mouvement des Indiens américains), dans le réveil de la fierté autochtone et des revendications des siens. En 1975, il fut accusé du meurtre de deux policiers fédéraux qui avait eu lieu dans la réserve de Pine Ridge (Dakota du Sud), lors de la commémoration du massacre des Sioux de Wounded Knee (1890), puis condamné sans preuves en 1977 à deux peines d'emprisonnement à perpétuité. Malgré la pression internationale, il est toujours détenu au pénitencier de Coleman (Floride).

    2. Myrtle Poor Bear (Myrte la pauvre ourse) est une Autochtone américaine reconnue pour souffrir de graves troubles mentaux. En 1976, en tant que principal témoin dans le procès d'extradition de Leonard Peltier du Canada, elle avait déclaré sous serment que le FBI l'avait forcée à signer de faux affidavits indiquant qu'elle avait vu ce dernier tuer de de ses agents. Elle se rétracta par la suite.

    NOUVELLE PÉTITION EN LIGNE : INTERNATIONAL DEMAND FOR THE IMMEDIATE FREEDOM OF INDIGENOUS POLITICAL PRISONER LEONARD PELTIER #89637-132 WRONGFULLY IMPRISONED 42 YRS !

    Pour suivre l’activité du Groupe de soutien à Leonard Peltier en France (rattaché à « International Leonard Peltier Defense Committee » - ILPDC)  : www.csia-nitassinan.org/spip.php?rubrique3

    Pour contacter l’International Leonard Peltier Defense Committee - ILPDC aux États-Unis : http://www.whoisleonardpeltier.info

     

    © Leonard Peltier -
    CISN/Mistassinan, Groupe de soutien à Leonard Peltier en France -

     

     

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